LE CHASSE-MAREE DE DIEPPE

Posted on Fév 04, 2013 under Bateaux Normands | No Comment

Armé à Dieppe, le côte d’Albâtre, dont le gréement est typique des bateaux de pêche côtière normands, rappelle l’époque du chasse-marée. C’est sous ce terme que sont généralement désignés les voiliers qui se rendaient auprès des bateaux de pêche au large pour ramener au plus vite du poisson à terre. Mais à Dieppe, on appelait  » chasse-marée  » le service de transport rapide du poisson frais, entre la côte et Paris. Dès le moyen-age, il fallait moins d’une nuit pour couvrir les 163 kilomètres de la route la plus courte entre la sortie de Dieppe et le quartier des halles. A l’heure de gloire du chasse-marée, juste avant l’ouverture des lignes de chemin de fer, on attelait jusqu’à seize chevaux à des charrettes légères dans lesquelles les paniers de poisson étaient suspendus afin de leur éviter les chocs. En changeant les chevaux 5 ou 6 fois par jour en cours de route, on maintenait une vitesse telle qu’il fallait jeter de l’eau sur les moyeux pour les refroidir !

LES GOELETTES DU COTENTIN

Posted on Fév 04, 2013 under Bateaux Normands | No Comment

On les appellent aussi  » goélettes de Guernesey  » ou encore  » drifter  » , ce voilier que l’on rencontre aussi bien sur la côte ouest du Cotentin que dans les îles anglo-normandes. Il s’agit en fait d’un trois-mâts dont la misaine et la grande voile sont gréées à corne et à bordure libre, avec un tape-cul au tiers. Ici, par brise fraîche et mer plate, Neire Maove ( mouette noire en patois normand ) porte seulement un grand foc creux, sa misaine et son tape-cul. Par beau temps, elle hisserait sa grande voile surmontée d’une flèche dont la vergue au tiers monterait presque en tête de mât. Les goélettes du Cotentin servaient aussi bien à pêcher les crustacés au casier qu’à mouiller des filets, elles pouvaient également assurer le transport des passagers et des marchandises dans les îles, ainsi que dans les passes des havres comme ceux de Carteret et de Port-Bail. Cela explique leur importante voilure et la possibilité qu’elles offrent d’armer deux ou trois paires d’avirons.

LES PUISSANTES VAQUELOTTES DU COTENTIN

Posted on Fév 04, 2013 under Bateaux Normands | No Comment

Les vaquelottes ont le même gréement bourcet-malet que les camins. Mais leur coque plus grande est plus puissante, elle mesure entre 5 et 7 mètres et leur surface de voile est moindre. Lorsqu’on les voit naviguer avec leur long bout-dehors et leur deux mâts, elles prennent des airs de bisquine. Basées dans des ports comme Saint-Vaast-la-Hougue, Goury, elles armaient à des pêches très diverses : le hareng au filet, le congre sur des lignes mouillées, les crustacés à l’aide de casiers, et le maquereau avec des lignes de traîne. Jusqu’aux années 1950, on a construit des vaquelottes, mais elles étaient alors motorisées. Bon nombre d’entre-elles, récupérées par des plaisanciers ou des associations, ont aujourd’hui retrouvé leur gréement d’origine. Le long des côtes si bien préservées du Cotentin, elles offrent souvent des spectacles de choix.

LE CAMIN DU HAVRE

Posted on Fév 03, 2013 under Bateaux Normands | No Comment

Pêcheur et régatier, quand il porte tout dessus il offre une impressionnante silhouette. C’est pourtant un petit canot mesurant de 3 à 5 mètres, mais dont la longueur hors-tout se trouve plus que doublée par le bout-dehors et la queue-de-malet. Par beau temps, le camin porte un foc, une voile au tiers, dite bourcet, et un tapecul, c’est-à-dire un gréement en  » bourcet-malet « . Il est souvent surtoilé, mais quand il faut affronter un courant de grande marée, une voile ne paraît jamais assez grande. Ce type de bateau, qui se retrouvaient sur les côtes normandes, entre Port-en-Bessin et Saint-Valery-en-Caux, était tiré au sec entre deux marées. Dans la région du Havre, où la navigation de plaisance et la régate en particulier se sont développées dès la fin du siècle dernier, le camin est devenu le bateau des pêcheurs comme celui des plaisanciers. Les premiers n’étant pas , bien entendu les moins acharnés à se mesurer en course.

LES FINES NACELLES DES ETANGS DU LANGUEDOC

Posted on Fév 03, 2013 under pinasses | No Comment

La silhouette est proche de celle du Doris, c’est un vrai voilier muni d’un très grand safran qui augmente le plan antidérive. Sur les étangs des côtes du golfe du Lion, séparés de la mer par un cordon littoral percé de quelques passes, les nacelles étaient utilisées pour poser les nasses et les filets. On employait le terme  » nacelle  » pour désigner ceux de ces bateaux longs de 5 à 6 mètres, pour les moins de 4 mètres on employait  » négafol  » , et pour ceux dont la longueur était comprise entre 4 et 5 mètres , c’était le  » barquet « . Rien n’est plus simple que la voile latine de ce bateau: un triangle de voile envergué sur une antenne, une drisse pour hisser, une écoute pour border, et surtout trois manoeuvres permettant de contrôler précisément la position de l’antenne. Le devant et l’orse-poupe sont frappés sur le point bas ( le quart ) tandis que l’oste est pris sur son point haut ( le penne ). Ces 5 cordages permettent une bonne gamme de réglages en fonction de l’allure et de la force du vent. Ainsi, en jouant du devant, de l’orse-poupe et de l’écoute, on peut ouvrir ou fermer la voile, la creuser ou l’aplatir. Aux allures de près, dans les coups de vents, il faut choquer du devant pour soulager le bateau, bien plus efficace que de donner du mou à l’écoute. Aux allures portantes par petit temps, on peut laisser l’antenne monter à l’horizontale, perpendiculaire au mât: de cette façon, la voile surélevée trouve un vent plus fort et plus régulier. Mieux, elle a tendance à soulever l’avant du bateau, ce qui améliore la marche s’il y a un peu de clapot. Comme la voile au tiers, la voile latine a son mauvais bord: quand on navigue avec la vergue au vent du mât, on se retrouve à la mauvaise main. Mais cela ne nuit pas à son rendement.

LE MONOTYPE D’ ARCACHON

Posted on Fév 03, 2013 under pinasses | No Comment

C’est un canot à misaine bômée et possédant une dérive, avec ses 12 mètres carrés de voilure cela lui donne une puissance suffisante pour chevaucher le clapot du bassin d’Arcachon. Il est petit et ne mesure que 4 mètres seulement, mais il a apporté beaucoup de bonheur à des centaines de régatiers, promeneurs, pêcheurs et chasseurs de canards. Tel qu’on le connaît aujourd’hui, cette embarcation est construite sur un plan datant de 1935. Dans le but de construire des bateaux identiques, le Cercle de la voile d’Arcachon s’est affairée à élaborer d’autres dessins. Le but étant de régater à égalité de chances, en abaissant le coût de fabrication des bateaux.

LES PINASSOTES D’ ARCACHON: DES SPORTIVES

Posted on Fév 03, 2013 under pinasses | No Comment

Situé au beau milieu de la côte des Landes, le bassin d’Aacachon forme comme une petite mer intérieure. Dans sa majeure partie, ce vaste plan d’eau est occupé par des parcs à huîtres desservis par un labyrinthe de chenaux. Le terme  » pinasse « , construites en bois de pin désigne les bateaux de service, lesquels se caractérisent par une propulsion à la voile ou bien à l’aviron. Les pinassotes sont les plus petites de ces embarcations. Dans l’ensemble du bassin , ces embarcations sont amenées à lutter contre des courants virulents et doivent naviguer avec fort peu d’eau sous la quille. La pinassote est très fine et mesure 1,80 m au maître-bau pour 7 mètres de long. Elle est capable de flotter dans 20 centimètres d’eau et porte 25 à 35 mètres carrés de voilure. Mais par forte brise, la toile doit être fortement réduite et commencer à écoper, l’ensemble de l’équipage étant au rappel.

DIVERS

Posted on Fév 02, 2013 under Superstitions et croyances des marins | No Comment

Bonne chance
Il ne faut jamais souhaiter bonne chance à un marin en train de s’embarquer, cela attirerait la déveine pendant toute la traversée.

L’âme
C’est la conviction des marins que le bateau soit doté d’une âme.Les Anglais ont pour habitude de ne pas donner de masculin ni de féminin pour des objets inanimés, or, pour les bateaux, ils disent  » he  » ou  » she « , comme d’une personne humaine.

Chandeleur
C’est un mauvais présage de commencer un voyage le 2 février, jour de la Chandeleur.

Cracher
Cracher, c’est exercer une protection magique contre le mauvais sort. Les pêcheurs crachaient sur leurs filets afin d’assurer une bonne pêche.

Le doigt
Montrer du doigt un navire qui quitte le port, c’est le condamner à un naufrage certain.

La noyade
Jadis, il était interdit de secourir les personnes en danger de noyade ou sortir un noyé de l’eau pour l’enterrer. En effet, les esprits de la mer réclamaient leur dû.

Siffler
Il est strictement interdit de siffler à bord d’un bateau car cela pourrait attirer des vents incontrôlables et surtout le diable. Par contre , le marin peut siffler à terre. La seule personne qui était tolérée de siffler à bord d’un navire était le cuistot, car en sifflant, il ne pouvait pas manger les provisions du bord.

Le mois de Décembre
Il est déconseillé de prendre la mer le 28 décembre, c’est la fête des Saints-Innocents. Pas propice non plus d’embarquer le 31 décembre qui est le jour de la Saint-Sylvestre, les cloches sonnent aux églises des villes englouties et les noyés processionnent à la surface de la mer.

Le juron
On ne jure pas à bord d’un bateau, ça porte malheur aux pêcheurs et fait fuir le poisson.

L’appel du marin
Ne jamais appeler un marin lors de son départ, ni l’interrompre, sinon un grand malheur s’abattra sur lui en mer. Il est préférable d’aller à sa rencontre pour lui parler ou lui donner un objet face à face.

Les chants
Les marins du Cap-Hornier chantaient à pleine voix lorsqu’ils étaient au travail, craignant d’entendre un autre chant aussi redouté que délicieux: celui des sirènes qui cherchaient à les attirer dans les entrailles de l’océan.

Les cheveux
Au risque d’attirer des tempêtes, le marin s’abstient de se couper les cheveux à bord du bateau. Par contre, le marin qui se coupe les cheveux lors d’intempéries pourrait bénéficier d’une très bonne surprise en revenant à son foyer.

L’argent
Tout bateau d’époque a sous son grand mât une pièce d’or, elle a pour but d’éloigner et repousser la malchance. Il était courant et de coutume de jeter une pièce d’argent avant tout grand voyage pour s’attirer les grâces de l’océan. Pratique également utilisée lors de calme plat, ce qui permettait de faire revenir le vent.

Mardi et vendredi
Ce sont les jours les plus détestés par les pêcheurs, pensant que les risques d’intempéries et de naufrages sont plus grands. Bon nombre de capitaines préfèrent retarder un départ et partir le dimanche.

Pincer un marin
La vie d’un marin était tellement aléatoire, que durant des siècles, même ceux qui revenaient au port sains et saufs étaient soupçonnés de n’être plus du monde des vivants. Pour s’assurer que le marin était réel et non pas un fantôme, il fallait le pincer. De nos jours, on touche le pompon rouge, et chez les Anglais, on touche leur col.

Les tatouages
Il était d’une grande protection, il était porté à l’origine par les mauvais garçons ou les marins. Les marins se bardaient de tatouages, en particulier sur les parties faibles telles que le coeur, et sur le bras en signe de puissance. Chez les Anglais, les marins se faisaient tatouer un crucifix sur le dos afin de décourager le contremaître de les frapper trop forts lors de châtiments corporels.

Les sirènes
La sirène hante les océans depuis la nuit des temps. Elle est d’une beauté fantastique, malgré le bas de son corps en forme de queue de poisson. Elle chante merveilleusement bien avec une voix en or prenante…et c’est là que le marin est très sensible. Au point que lorsqu’il entend ce merveilleux chant, il plonge pour la rejoindre et se noie. Ulysse qui navigua depuis de longues années en Méditerrannée fit boucher les oreilles de son équipage par de la cire quand son bateau traversa une zone de sirènes. Ulysse s’est fait auparavant attacher au grand mât. Il est le seul à avoir entendu ces chants irrésistibles et envoutants des sirènes et en soit sorti vivant.

LES OBJETS

Posted on Fév 01, 2013 under Superstitions et croyances des marins | No Comment

Le seau
Très utile à bord, et si on le perds, c’est un mauvais présage. Les marins Anglais ne s’asseyent pas sur un seau renversé, ça porte malheur.

Le couteau
Tout objet en métal est bienvenu à bord, il porte une charge de porte-bonheur. Les Anglais plantaient un couteau dans le grand-mât.

Les chaussures
Les Anglais jettent des vieilles chaussures vers un bateau quittant le port, et c’est un bon présage. Mais en France, le même geste empêche le bateau de revenir….

L’échelle
Les Anglais pensent que passer sous une échelle est signe d’une prochaine pendaison.

La boussole
Elles s’affolent lorsque les femmes ont leurs règles; surement l’un des éléments qui fait que la femme n’est pas acceptée sur un bateau.

Le bouchon
Pour faire une bonne pêche, le marin fait une entaille sur un bouchon de son filet, il glisse ensuite une pièce de monnaie dans cette entaille.

Bougie
Selon des croyances Anglaises, lorsqu’une bougie a une flamme bleutée, c’est le présage de mort en mer. Les marins feront en sorte que la bougie ne brûle pas jusqu’au bout pour préserver la vie d’un marin.

Les bottes
Quand un marin demande à ce qu’on lui ramène ses bottes et que la personne qui les lui apporte les transporte sur l’épaule, le marin ne partira pas en mer.

Le bol
Les Anglais qui ont leur bol de petit déjeuner retourné y voient le présage de leur quille de bateau en l’air. Afin de s’épargner un long voyage, certains marins retournèrent leur bol, prétendant qu’ils allaient porter malheur au navire.

Les boucles d’oreilles
Les marins portent des boucles d’oreilles depuis fort longtemps. Elles préservent depuis l’antiquité de la noyade et des naufrages. L’anneau d’or est aussi un trésor pour le marin, principalement destiné au curé pour payer ses obsèques si le marin venait à mourir loin de son pays. C’était aussi un symbole de fiançaille entre le marin et la mer. Enfin, elle était portée par le marin seulement s’il avait réussi à franchir le Cap Horn, c’était un trophée.

Les jeux de cartes
Ils sont interdits à bord d’un navire car ils provoquent des bagarres, mais aussi des intempéries et de la malchance.

La cigarette
Quand on allume une cigarette à la flamme d’une bougie, on provoque au même instant la mort en mer d’un marin inconnu, par noyade ou accident.

Fer à cheval
Il porte bonheur, surtout s’il est trouvé par pur hasard. Les marins écossais fixaient sur le grand mât un fer à cheval pour apaiser les tempêtes et éviter la malchance.

Le pompon
Le béret des marins de la marine nationale porte un pompon rouge que tout le monde peut toucher avec l’index gauche, pour acquérir 24 heures de chance, à condition que le marin ne s’en aperçoive pas. Si le marin se rend compte qu’une fille a réussi à toucher son pompon, il lui réclame un baiser en gage. Si dans une même journée, on arrive à toucher 3 pompons, cela équivaut à 3 semaines de chance.90

LE BATEAU

Posted on Fév 01, 2013 under Superstitions et croyances des marins | No Comment

La ficelle
Elle fait partie du vocabulaire interdit à bord d’un bateau, tout comme la corde.

La corde
Mot totalement prohibé sur un bateau, de même que  » ficelle « . Les mots similaires utilisés par les marins sont  » bout « ,  » manoeuvre « , « filin « ,  » cordage « . Cette interdiction du mot  » corde  » viendrait de l’époque ou les mutins étaient pendus hauts et courts.

Coque
Lors de la construction d’un bateau, quand la coque est terminée, l’usage en Bretagne est de l’asperger d’eau de mer en abondance afin de l’habituer au futur milieu qui sera le sien. Ces gestes sont accompagnés de prières et de voeux.

Figure de proue
Les figures de proue en bois sculpté et peintes qui ornent l’avant des grands vaisseaux sont une puissante protection symbolique. Il s’agissait rarement de divinités masculines telles que Poséidon ou Triton, ou encore des animaux, ce sont souvent des femmes ou des sirènes. Ces formes féminines étaient un hommage aux dieux de la mer. Peut-être qu’étant femme et portant malheur, elles étaient utilisées en proue afin d’effrayer les mauvais esprits de la mer.