LE COURRIER DES ILES, TAXI A VOILE DE CHAUSSEY

Posted on Fév 20, 2013 under Bateaux Normands | No Comment

Bon an mal an, au mouillage au beau milieu des roches de Chaussey, ce cotre transporte 60 tonnes de palourdes, 50 tonnes de parpaings et de matériaux de construction divers, 4 000 litres de gazole pour les tracteurs des aquaculteurs et quelques 1 500 passagers. Le Courrier des Iles est le second bateau de Gilbert Hurel, le  » taxi  » de Chaussey. De 1978 à 1986, il avait déjà armé La Mauve, et le succès de celui-ci l’avait encouragé à voir plus grand. Et c’est Marin-Marie, grand peintre de marine et navigateur talentueux, qui a conçu ce voilier qui devait réunir des qualités contradictoires ; une carène à la fois volumineuse, afin de charger fret et passagers, et fine afin de pouvoir bien marcher à la voile et au moteur. Soit un voilier bon marcheur, y compris par petit temps, mais facile à manoeuvrer par un homme seul. Comme le répète son patron et armateur :  » je n’aime pas qu’on dise à propos du Courrier des Iles : » Quelle bonne idée de faire le taxi avec un voilier à l’ancienne! Mon bateau appartient à notre époque. Je vais à la voile quand le vent me fait aller aussi vite qu’au moteur et à la même vitesse qu’un autre bateau….et cette énergie-là est gratuite ».

LES KERHORS : LES BOHEMIENS DE LA MER

Posted on Fév 20, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Les Trois-Soeurs a été construit pour le programme de randonnée nautique Bernard Cadoret, spécialiste de l’ethnologie maritime, créateur de la revue Chasse-Marée et redécouvreur de la voile-aviron, navigue ainsi à bord d’une reproduction de canot kerhor. En rade de Brest, les Kerhors formaient jusqu’au début du siècle une population qui vivait vers Kerhor et Camfrout à bord de leur barques. D’où leur surnom de  » bohémiens des mers  » et leur mauvaise réputation. Ne les disait-on pas capables de récolter des pommes de terre dans un champ à l’aide de leur ancre? Les Kerhors fréquentaient beaucoup les estuaires de la rade où ils draguaient les praires, débusquaient la nuit les bancs de mulets, tendaient des filets à saumons et ramassaient les palourdes à marée basse. Mais on les voyaient aussi pêcher avec leurs petits bateaux ouverts et passer le Goulet dans les eaux dangereuses du chenal du Four et de l’Ile de Molène.

LES CHALOUPES SARDINIERES DE LA BAIE DE DOUARNENEZ

Posted on Fév 13, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

La sardine a pratiquement disparue de nos côtes, on ne connaît pas vraiment la cause. Il est très difficile d’imaginer que dans les années 1900, environ 20 000 pêcheurs en traquaient les bancs entre Douarnenez et les Sables-d’Olonne, alimentant 200 conserveries qui employaient 30 000 personnes. Pas uniquement Douarnenez, Lorient, Sauzon, l’Etel, Camaret, Morgat, Croix-de-Vie, les ports bigoudens de Saint-Guénolé à Concarneau, armaient des centaines de bateaux à la sardine. Rien que Douarnenez réunissait 900 chaloupes ! La pêche à la sardine était saisonnière puisque les bancs se déplaçaient en permanence suivant un calendrier d’une précision mystérieuse. Les bancs de sardines arrivaient d’abord sur la côte Vendéenne vers Saint-Gilles-Croix-de-Vie en juin à la Saint-Jean; on les voyait vers Quiberon en juillet, en aout en baie d’Audierne , en baie de Douarnenez en septembre le jour de la Saint-Michel disait-on. Puis mi- novembre, vers la Saint-Martin où les bancs se déplaçaient vers les eaux du large en mer d’Iroise, puis disparaissaient.

LES BAUTIERS DE BARFLEUR

Posted on Fév 07, 2013 under Bateaux Normands | No Comment

Dans la région de Barfleur, on appelle  » bau  » une palangre constituée d’une ligne principale longue de 100 mètres, portant un avançon et son hameçon tous les 5 mètres. Plusieurs baux étaient mis bout à bout, de telle sorte que c’étaient des lignes interminables qui se trouvaient mouillées sur l’ancre. Les bautiers de Barfleur traquaient ainsi le congre, le turbot, la raie, le chien de mer…au large des îles d’Aurigny et de Guernesey, ainsi que sur les côtes anglaises vers l’île de Wight. Pour fréquenter de tels parages, il fallait des bateaux non seulement bien défendus pour étaler des mers souvent formées, mais aussi rapides et manoeuvrants pour se jouer au mieux des courants de marée et pour vite ramener le poisson ( les marées les plus longues ne dépassaient pas en principe 48 heures ) Avec leur haute étrave droite, leur profonde quille au fort tirant d’eau sur l’arrière et leur fine voûte, les bautiers possédaient des carènes magnifiques. Et leur gréement élancé de cotre leur donnait toute la puissance indispensable pour affronter le raz Blanchart ou les passages du Swinge et de Portland Bill. Lancée en 1934, la Marie-Madeleine était gréée en dundee avec tapecul au tiers, ce qui lui donnait une silhouette certes élégante, mais bien moins impressionnante que celle des cotres construits au tout début du siècle. On peut en voir des photos anciennes dans les cafés des ports de la côte est du Cotentin, du côté de Barfleur et de Saint-Waast-la-Hougue.

LES COTRES DE CARANTEC

Posted on Fév 06, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Ainsi désigne-t-on les cotres qui naviguaient dans la baie de Morlaix ainsi qu’à son ouvert, entre la pointe de Primel et l’Ile de Batz. Les chantiers qui les conçurent, eux, sur les grèves du Carantec. Selon leur port d’attache, ces cotres pratiquaient des pêches différentes : casiers à Carantec, lignes au Dourduff, filets et cordes ( palangres ) à Roscoff. Ces bateaux mesuraient entre 5 et 13 mètres. Roscoff est le port où était basé le plus célèbre de tous ces cotres et peut-être de tous ces bateaux de pêche bretons : Reder Mor, le  » coureur des mers  » . En 1909, ce cordier avait battu en régate, chez elles, les grandes bisquines de Cancale, pourtant réputées très rapides. Aux grandes régates du Havre de 1913, que présida le président Poincaré lui-même, il s’était mesuré avec succès aux cotres pilotes qu’on croyait invincibles ! Or Reder Mor, avec ses 13 mètres de coque était un bateau plus petit que les bisquines et les pilotes ( 17 à 18 mètres ). Mais les cotres de la baie de Morlaix étaient des bateaux exceptionnels. Il faut les voir à l’échouage sur leurs béquilles pour comprendre : le nez presque dans la vase et la voûte très fine pointant vers le ciel, tant la forme triangulaire de leur quille est marquée. Le dessin de cette dernière rend les voiliers très évolutifs, une qualité indispensable quand on relève palangres et casiers au milieu des cailloux…et très appréciée en régate, au moment de virer de bord à la bouée. Reder Mor était aussi fort bien grée, avec une voile de flèche dont la vergue s’établissait à la verticale et un point d’écoute à balestron pour l’agrandir encore. En revanche, l’extrémité de sa bôme n’arrivait que légèrement au-delà du couronnement, alors que sur de nombreux cotres de Carantec elle débordait largement sur l’arrière.

LES SMACKS DE L’ESSEX

Posted on Fév 06, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

On les voit assez souvent dans les ports bretons, car des plaisanciers britanniques en ont transformé beaucoup en yachts, ils font en effet de très bons bateaux de haute mer : le peintre Yvon Le Corne utilisa ainsi un smack pour une longue croisière à la voile pure vers le Brésil. Dans le récit de cette croisière, on découvre un voilier rapide, avec un équilibre de route exceptionnel. Travaillant sur les bancs de l’estuaire de la Tamise, les smacks ont un tirant d’eau réduit, que l’élancement de leur gréement et la finesse de leur coque ne laissent pas soupçonner. Et quand on sait les vents forts, les mers hachées et les températures glaciales qui sont le quotidien de la mer du Nord, on peut s’étonner de ces coques si basses et de ces ponts nus qui n’offrent pas le moindre abri à l’équipage.

LES MACROTIERS DE SAINT-MALO

Posted on Fév 06, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Macrotiers, parce que le maquereau constituait la pêche principale et unique. Dans la région de Saint-Malo, le maquereau arrive en juin, après avoir hiberné dans des bancs de vase situés au sud de l’Irlande : les premiers poissons pêchés en portent encore les traces ! On en pêchera ensuite jusqu’au mois d’octobre et parfois un peu plus tard, avec la période du mois d’août où, pour des raisons mystérieuses, il devient plus rare. Durant l’hiver, certains macrotiers travaillaient au casier, au filet, à la drague. Toutefois la plupart d’entre eux étaient désarmés. En fait, Saint-Malo a toujours été surtout un port de grande pêche, armant à la morue et embarquant donc des équipages nombreux. Cependant, les retraités restaient actifs, et les macrotiers constituaient leur bateau de prédilection. C’est d’ailleurs pourquoi leur équipage se limitait souvent au seul propriétaire, qui n’avait pas de mal à mener ce bateau dont la longueur variait entre 4 et 8 mètres, tandis que son gréement à corne, divisé en petites surfaces, était doté d’un accastillage simple et assez efficace pour limiter les efforts.

SINAGOS ET FORBANS DU MORBIHAN

Posted on Fév 05, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Il est important de préciser de suite : Si le sinago apparaît comme l’embarcation emblématique du golfe du Morbihan, il est plus précisément le bateau traditionnel utilisé par les marins de la région de Séné, à l’entrée de la rivière de Vannes. En rivière d’Auray, au port de Bono, on armait les forbans. Les premiers naviguaient uniquement dans le golfe, où ils pêchaient les huitres sauvages à la drague, et en baie de Quiberon, où ils tiraient le chalut à perche et mouillaient des filets. Les forbans du Bono pratiquaient la pêche au chalut dans les eaux lointaines de Belle-Ile, du Croisic et de l’Ile d’ Yeu. Ainsi aujourd’hui, Notre-Dame de Béquerel est un forban. Parmi les sinagos les plus connus , on note, Les trois frères, bateau ancien restauré. On peut remarquer que s’ils sont tous grées en chaloupe, leurs voiles sont plus ou moins apiquées : Jean et Jeanne et Souvenir, reproductions de modèles très anciens, portent des voiles presque rectangulaires !

CORENTIN, LOUGRE DE L’ODET

Posted on Fév 05, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Parce que les négociants quimpérois furent de grands amateurs de lougre borneurs, une association cornouaillaise a fait construire à l’identique un lougre des années 1850. Un trois-mâts breton, comme on appelait ces gréements magnifiques : foc sur un très long bout-dehors, misaine, taillevent, hunier carré et tapecul bordé sur une longue queue-de-malet. Cependant, malgré leur importante voilure, ces bateaux étaient menés par des équipages réduits, capable de manoeuvrer très vite grâce à quelques astuces de gréement. Ainsi, à l’escale, les voiles au tiers ne sont pas amenées, mais carguées, c’est-à-dire repliées contre le mât au moyen de cordages, les cargues qui les enserrent. Cela permet de rentrer ou d’établir la voilure en peu de temps. On note aussi que le bas de la misaine et du taillevent est constitué d’une bande amovible à la manière d’une bonnette : on peut ainsi effectuer une franche réduction de voilure sans grands efforts et en évitant un énorme bourrelet de toile qui prendrait les paquets de mer. S’il arrive que par mer formée le bout-dehors tend à enfourner, il est facile de le relever, sous-barbes et moustaches étant réglables par palan. Aujourd’hui, Corentin n’assure plus le transport des matériaux, mais il continue d’emmener ses équipages dans des petits ports aux accès si étroits que les caboteurs qui s’y aventuraient étaient surnommés autrefois  » les écraseurs de crabes « .

LES LOUGRES DU LEGUE

Posted on Fév 05, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Le Légué est le port de Saint-Brieux, situé tout au fond de la baie, il assèche à marée basse. Contrairement à ce que pourrait faire penser leur nom, qui désigne habituellement des caboteurs portant trois mâts, les lougres du Légué portaient un gréement de bisquine et étaient armés à la pêche. On retrouve ici le même décalage entre les appellations locales et celles des théoriciens de la science des gréements que celui observé à propos de ces côtres baptisés sloups. Le Grand Léjon est la réplique des bateaux qui effectuaient de courtes marées de chalut, ou bien draguaient le sable. En effet, cette région de culture de primeurs était très demandeuse de sable marin, destiné à amender les champs. Souvent le grand-mât était nettement plus haut que celui de misaine, il pouvait recevoir un hunier. Mais les lougres de la baie de Saint-Brieux étaient ainsi grées. Pourquoi ? Mystère…Dans le petit temps, cette voile fait certainement défaut…Il se trouve que le Grand Léjon a été construit dans le cadre du concours  » Bateaux des côtes de France « , organisé à l’occasion du grand rassemblement de Brest en 1992 et dont le but était de reconstituer des bateaux à l’identique, d’où l’absence de cette voile.