Archives for février, 2013

SINAGOS ET FORBANS DU MORBIHAN

Posted on Fév 05, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Il est important de préciser de suite : Si le sinago apparaît comme l’embarcation emblématique du golfe du Morbihan, il est plus précisément le bateau traditionnel utilisé par les marins de la région de Séné, à l’entrée de la rivière de Vannes. En rivière d’Auray, au port de Bono, on armait les forbans. Les premiers naviguaient uniquement dans le golfe, où ils pêchaient les huitres sauvages à la drague, et en baie de Quiberon, où ils tiraient le chalut à perche et mouillaient des filets. Les forbans du Bono pratiquaient la pêche au chalut dans les eaux lointaines de Belle-Ile, du Croisic et de l’Ile d’ Yeu. Ainsi aujourd’hui, Notre-Dame de Béquerel est un forban. Parmi les sinagos les plus connus , on note, Les trois frères, bateau ancien restauré. On peut remarquer que s’ils sont tous grées en chaloupe, leurs voiles sont plus ou moins apiquées : Jean et Jeanne et Souvenir, reproductions de modèles très anciens, portent des voiles presque rectangulaires !

CORENTIN, LOUGRE DE L’ODET

Posted on Fév 05, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Parce que les négociants quimpérois furent de grands amateurs de lougre borneurs, une association cornouaillaise a fait construire à l’identique un lougre des années 1850. Un trois-mâts breton, comme on appelait ces gréements magnifiques : foc sur un très long bout-dehors, misaine, taillevent, hunier carré et tapecul bordé sur une longue queue-de-malet. Cependant, malgré leur importante voilure, ces bateaux étaient menés par des équipages réduits, capable de manoeuvrer très vite grâce à quelques astuces de gréement. Ainsi, à l’escale, les voiles au tiers ne sont pas amenées, mais carguées, c’est-à-dire repliées contre le mât au moyen de cordages, les cargues qui les enserrent. Cela permet de rentrer ou d’établir la voilure en peu de temps. On note aussi que le bas de la misaine et du taillevent est constitué d’une bande amovible à la manière d’une bonnette : on peut ainsi effectuer une franche réduction de voilure sans grands efforts et en évitant un énorme bourrelet de toile qui prendrait les paquets de mer. S’il arrive que par mer formée le bout-dehors tend à enfourner, il est facile de le relever, sous-barbes et moustaches étant réglables par palan. Aujourd’hui, Corentin n’assure plus le transport des matériaux, mais il continue d’emmener ses équipages dans des petits ports aux accès si étroits que les caboteurs qui s’y aventuraient étaient surnommés autrefois  » les écraseurs de crabes « .

LES LOUGRES DU LEGUE

Posted on Fév 05, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Le Légué est le port de Saint-Brieux, situé tout au fond de la baie, il assèche à marée basse. Contrairement à ce que pourrait faire penser leur nom, qui désigne habituellement des caboteurs portant trois mâts, les lougres du Légué portaient un gréement de bisquine et étaient armés à la pêche. On retrouve ici le même décalage entre les appellations locales et celles des théoriciens de la science des gréements que celui observé à propos de ces côtres baptisés sloups. Le Grand Léjon est la réplique des bateaux qui effectuaient de courtes marées de chalut, ou bien draguaient le sable. En effet, cette région de culture de primeurs était très demandeuse de sable marin, destiné à amender les champs. Souvent le grand-mât était nettement plus haut que celui de misaine, il pouvait recevoir un hunier. Mais les lougres de la baie de Saint-Brieux étaient ainsi grées. Pourquoi ? Mystère…Dans le petit temps, cette voile fait certainement défaut…Il se trouve que le Grand Léjon a été construit dans le cadre du concours  » Bateaux des côtes de France « , organisé à l’occasion du grand rassemblement de Brest en 1992 et dont le but était de reconstituer des bateaux à l’identique, d’où l’absence de cette voile.

LE CHASSE-MAREE DE DIEPPE

Posted on Fév 04, 2013 under Bateaux Normands | No Comment

Armé à Dieppe, le côte d’Albâtre, dont le gréement est typique des bateaux de pêche côtière normands, rappelle l’époque du chasse-marée. C’est sous ce terme que sont généralement désignés les voiliers qui se rendaient auprès des bateaux de pêche au large pour ramener au plus vite du poisson à terre. Mais à Dieppe, on appelait  » chasse-marée  » le service de transport rapide du poisson frais, entre la côte et Paris. Dès le moyen-age, il fallait moins d’une nuit pour couvrir les 163 kilomètres de la route la plus courte entre la sortie de Dieppe et le quartier des halles. A l’heure de gloire du chasse-marée, juste avant l’ouverture des lignes de chemin de fer, on attelait jusqu’à seize chevaux à des charrettes légères dans lesquelles les paniers de poisson étaient suspendus afin de leur éviter les chocs. En changeant les chevaux 5 ou 6 fois par jour en cours de route, on maintenait une vitesse telle qu’il fallait jeter de l’eau sur les moyeux pour les refroidir !

LES GOELETTES DU COTENTIN

Posted on Fév 04, 2013 under Bateaux Normands | No Comment

On les appellent aussi  » goélettes de Guernesey  » ou encore  » drifter  » , ce voilier que l’on rencontre aussi bien sur la côte ouest du Cotentin que dans les îles anglo-normandes. Il s’agit en fait d’un trois-mâts dont la misaine et la grande voile sont gréées à corne et à bordure libre, avec un tape-cul au tiers. Ici, par brise fraîche et mer plate, Neire Maove ( mouette noire en patois normand ) porte seulement un grand foc creux, sa misaine et son tape-cul. Par beau temps, elle hisserait sa grande voile surmontée d’une flèche dont la vergue au tiers monterait presque en tête de mât. Les goélettes du Cotentin servaient aussi bien à pêcher les crustacés au casier qu’à mouiller des filets, elles pouvaient également assurer le transport des passagers et des marchandises dans les îles, ainsi que dans les passes des havres comme ceux de Carteret et de Port-Bail. Cela explique leur importante voilure et la possibilité qu’elles offrent d’armer deux ou trois paires d’avirons.

LES PUISSANTES VAQUELOTTES DU COTENTIN

Posted on Fév 04, 2013 under Bateaux Normands | No Comment

Les vaquelottes ont le même gréement bourcet-malet que les camins. Mais leur coque plus grande est plus puissante, elle mesure entre 5 et 7 mètres et leur surface de voile est moindre. Lorsqu’on les voit naviguer avec leur long bout-dehors et leur deux mâts, elles prennent des airs de bisquine. Basées dans des ports comme Saint-Vaast-la-Hougue, Goury, elles armaient à des pêches très diverses : le hareng au filet, le congre sur des lignes mouillées, les crustacés à l’aide de casiers, et le maquereau avec des lignes de traîne. Jusqu’aux années 1950, on a construit des vaquelottes, mais elles étaient alors motorisées. Bon nombre d’entre-elles, récupérées par des plaisanciers ou des associations, ont aujourd’hui retrouvé leur gréement d’origine. Le long des côtes si bien préservées du Cotentin, elles offrent souvent des spectacles de choix.

LE CAMIN DU HAVRE

Posted on Fév 03, 2013 under Bateaux Normands | No Comment

Pêcheur et régatier, quand il porte tout dessus il offre une impressionnante silhouette. C’est pourtant un petit canot mesurant de 3 à 5 mètres, mais dont la longueur hors-tout se trouve plus que doublée par le bout-dehors et la queue-de-malet. Par beau temps, le camin porte un foc, une voile au tiers, dite bourcet, et un tapecul, c’est-à-dire un gréement en  » bourcet-malet « . Il est souvent surtoilé, mais quand il faut affronter un courant de grande marée, une voile ne paraît jamais assez grande. Ce type de bateau, qui se retrouvaient sur les côtes normandes, entre Port-en-Bessin et Saint-Valery-en-Caux, était tiré au sec entre deux marées. Dans la région du Havre, où la navigation de plaisance et la régate en particulier se sont développées dès la fin du siècle dernier, le camin est devenu le bateau des pêcheurs comme celui des plaisanciers. Les premiers n’étant pas , bien entendu les moins acharnés à se mesurer en course.

LES FINES NACELLES DES ETANGS DU LANGUEDOC

Posted on Fév 03, 2013 under pinasses | No Comment

La silhouette est proche de celle du Doris, c’est un vrai voilier muni d’un très grand safran qui augmente le plan antidérive. Sur les étangs des côtes du golfe du Lion, séparés de la mer par un cordon littoral percé de quelques passes, les nacelles étaient utilisées pour poser les nasses et les filets. On employait le terme  » nacelle  » pour désigner ceux de ces bateaux longs de 5 à 6 mètres, pour les moins de 4 mètres on employait  » négafol  » , et pour ceux dont la longueur était comprise entre 4 et 5 mètres , c’était le  » barquet « . Rien n’est plus simple que la voile latine de ce bateau: un triangle de voile envergué sur une antenne, une drisse pour hisser, une écoute pour border, et surtout trois manoeuvres permettant de contrôler précisément la position de l’antenne. Le devant et l’orse-poupe sont frappés sur le point bas ( le quart ) tandis que l’oste est pris sur son point haut ( le penne ). Ces 5 cordages permettent une bonne gamme de réglages en fonction de l’allure et de la force du vent. Ainsi, en jouant du devant, de l’orse-poupe et de l’écoute, on peut ouvrir ou fermer la voile, la creuser ou l’aplatir. Aux allures de près, dans les coups de vents, il faut choquer du devant pour soulager le bateau, bien plus efficace que de donner du mou à l’écoute. Aux allures portantes par petit temps, on peut laisser l’antenne monter à l’horizontale, perpendiculaire au mât: de cette façon, la voile surélevée trouve un vent plus fort et plus régulier. Mieux, elle a tendance à soulever l’avant du bateau, ce qui améliore la marche s’il y a un peu de clapot. Comme la voile au tiers, la voile latine a son mauvais bord: quand on navigue avec la vergue au vent du mât, on se retrouve à la mauvaise main. Mais cela ne nuit pas à son rendement.

LE MONOTYPE D’ ARCACHON

Posted on Fév 03, 2013 under pinasses | No Comment

C’est un canot à misaine bômée et possédant une dérive, avec ses 12 mètres carrés de voilure cela lui donne une puissance suffisante pour chevaucher le clapot du bassin d’Arcachon. Il est petit et ne mesure que 4 mètres seulement, mais il a apporté beaucoup de bonheur à des centaines de régatiers, promeneurs, pêcheurs et chasseurs de canards. Tel qu’on le connaît aujourd’hui, cette embarcation est construite sur un plan datant de 1935. Dans le but de construire des bateaux identiques, le Cercle de la voile d’Arcachon s’est affairée à élaborer d’autres dessins. Le but étant de régater à égalité de chances, en abaissant le coût de fabrication des bateaux.

LES PINASSOTES D’ ARCACHON: DES SPORTIVES

Posted on Fév 03, 2013 under pinasses | No Comment

Situé au beau milieu de la côte des Landes, le bassin d’Aacachon forme comme une petite mer intérieure. Dans sa majeure partie, ce vaste plan d’eau est occupé par des parcs à huîtres desservis par un labyrinthe de chenaux. Le terme  » pinasse « , construites en bois de pin désigne les bateaux de service, lesquels se caractérisent par une propulsion à la voile ou bien à l’aviron. Les pinassotes sont les plus petites de ces embarcations. Dans l’ensemble du bassin , ces embarcations sont amenées à lutter contre des courants virulents et doivent naviguer avec fort peu d’eau sous la quille. La pinassote est très fine et mesure 1,80 m au maître-bau pour 7 mètres de long. Elle est capable de flotter dans 20 centimètres d’eau et porte 25 à 35 mètres carrés de voilure. Mais par forte brise, la toile doit être fortement réduite et commencer à écoper, l’ensemble de l’équipage étant au rappel.