Archives for février, 2013

LES GOELETTES DE L’ECOLE NAVALE: L’ETOILE ET LA BELLE-POULE

Posted on Fév 23, 2013 under Les navires-écoles | No Comment

Lancées à Fécamp en 1932, la Belle-Poule et l’Etoile portent le gréement typique des goélettes Paimpolaises qui traquaient la morue en Islande. Toutefois, ni l’une ni l’autre n’a jamais été armée à la pêche parce qu’elles avaient été commandées par la Marine nationale pour être des voiliers-écoles. En revanche, leurs lignes s’inspirent de la carène de certains dundées que les ports de la Manche-est armaient à la grande pêche. L’un d’entre eux est particulièrement connu : le Saint-Yves, navire-hôpital utilisé par la Société des oeuvres de mer et par le révérend père Yvon pour assister les terreneuvas pendant leurs campagnes. L’Etoile et la Belle-Poule sont rigoureusement jumelles, et seuls des détails tels que la teinte des espars ou un support de radar dans la mâture permettent à un oeil expert de les différencier. Comme la plupart du temps, les goélettes naviguent de conserve, chercher à les reconnaître est devenu le petit jeu inévitable à bord des bateaux de rencontre. Depuis leur lancement, menés par un équipage permanent composé de six officiers-mariniers et de dix matelots ( en plus du commandant ), ces deux bateaux ont formé des milliers de  » fayots  » aux finesses de la navigation que seule la voile permet d’acquérir. Ils ont couvert des milliers et des milliers de miles, et déjà subi plusieurs grands carénages, avec changement de diverses pièces de charpente. Cela explique l’air d’éternelle jeunesse qu’affichent en permanence l’Etoile et la Belle-Poule. A les voir aussi fringantes, on ne peut soupçonner que leur carrière remonte à 1940, quand, ayant rallié l’Angleterre, elles arborèrent la croix de Lorraine des forces françaises libres.

LES BORNEURS DE L’IROISE ET DE LA RADE DE BREST

Posted on Fév 22, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

On appelle  » mer d’Iroise  » les parages maritimes qui s’étendent entre l’archipel Ouessantin et l’île de Sein, à l’ouvert de la rade de Brest et de la baie de Douarnenez. Ce littoral est très découpé, avec de nombreux estuaires entrant profondément dans la campagne et des petites Iles qui ont été très peuplées. Il est peu de côtes où le petit transport maritime ait été et demeure aussi indispensable. C’est pourquoi les borneurs de la pointe du Finistère figurent parmi les derniers voiliers de travail lancés en France. Ainsi les gabares Andre-Yvette et Fleur de Lampaul ont été construites respectivement en 1936 et 1948, et le Dundée Notre-Dame de Rumengol en 1945. Dès l’origine, ces bateaux ont été motorisés, mais on les voyait encore voilure haute à la fin des années 1970. Entièrement restaurées, ces coques vénérables ont encore de longues années à vivre, après une riche carrière : André-Yvette a été pendant un temps transformé en yacht, Fleur de Lampaul embarque des enfants pour des croisières de découverte du milieu océanique, aux Açores où ils étudient les baleines. Pour bien comprendre ce type de bateau, il suffit d’examiner la vie de Notre-Dame de Rumengol. Son armateur était un négociant en bois de construction, qui possédait des coupes de bois en rade de Brest. Ce seront les premiers transports du Dundée. Puis il prendra le large vers l’Algérie pour assurer le transport des vins très alcoolisés qui étaient employés jusqu’aux années 1960 pour améliorer certains produits de l’Hérault et même du Bordelais. Ensuite, il transportera du sel de Noirmoutier, des choux-fleurs du Finistère nord, du naissain de moules et d’huîtres…navigation qui le mèneront sur toutes les côtes de la Bretagne et de la Manche, voire en Angleterre. Jusqu’en 1981, on le verra sillonner la rade de Brest avec des chargements de maerl ( sorte de corail dragué devant les côtes du Finistère ) et de sable, très utilisés pour amender les champs de primeurs.

ALTAIR

Posted on Fév 22, 2013 under goelettes | No Comment

Par vent faible et vent arrière, Altair remplace sa voile de misaine aurique, qui peut être ferlée entre sa corne et sa bôme par un fisherman placé entre le grand-mât et le mât de misaine, tandis qu’à l’avant elle porte un grand spinnaker. Il faut également noter qu’en plus du fisherman l’équipage a réussi à établir une voile d’étai. Cette faculté de présenter au vent un maximum de voiles est tout à fait caractéristique des gréements traditionnels. Même sur un petit cotre, aux allures portantes par faible brise on arrive à hisser tous les focs dont on dispose, et même à en déployer sous la bôme. Quand cette goélette franche fut mise à l’eau, son constructeur et architecte William Fife fêtait ses 73 ans ! Ce fut là une de ses plus belles créations ; un navire de 33 mètres à la coque, déplaçant 161 tonnes, avec un tirant d’eau atteignant 4 mètres. Altair figure parmi les derniers vrais grands voiliers de l’histoire du yachting : sa restauration en 1987 et sa régulière participation aux régates de la Nioulargue depuis laissent imaginer ce que fut l’Age d’or de la navigation de plaisance.

LE COURRIER DES ILES, TAXI A VOILE DE CHAUSSEY

Posted on Fév 20, 2013 under Bateaux Normands | No Comment

Bon an mal an, au mouillage au beau milieu des roches de Chaussey, ce cotre transporte 60 tonnes de palourdes, 50 tonnes de parpaings et de matériaux de construction divers, 4 000 litres de gazole pour les tracteurs des aquaculteurs et quelques 1 500 passagers. Le Courrier des Iles est le second bateau de Gilbert Hurel, le  » taxi  » de Chaussey. De 1978 à 1986, il avait déjà armé La Mauve, et le succès de celui-ci l’avait encouragé à voir plus grand. Et c’est Marin-Marie, grand peintre de marine et navigateur talentueux, qui a conçu ce voilier qui devait réunir des qualités contradictoires ; une carène à la fois volumineuse, afin de charger fret et passagers, et fine afin de pouvoir bien marcher à la voile et au moteur. Soit un voilier bon marcheur, y compris par petit temps, mais facile à manoeuvrer par un homme seul. Comme le répète son patron et armateur :  » je n’aime pas qu’on dise à propos du Courrier des Iles : » Quelle bonne idée de faire le taxi avec un voilier à l’ancienne! Mon bateau appartient à notre époque. Je vais à la voile quand le vent me fait aller aussi vite qu’au moteur et à la même vitesse qu’un autre bateau….et cette énergie-là est gratuite ».

LES KERHORS : LES BOHEMIENS DE LA MER

Posted on Fév 20, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Les Trois-Soeurs a été construit pour le programme de randonnée nautique Bernard Cadoret, spécialiste de l’ethnologie maritime, créateur de la revue Chasse-Marée et redécouvreur de la voile-aviron, navigue ainsi à bord d’une reproduction de canot kerhor. En rade de Brest, les Kerhors formaient jusqu’au début du siècle une population qui vivait vers Kerhor et Camfrout à bord de leur barques. D’où leur surnom de  » bohémiens des mers  » et leur mauvaise réputation. Ne les disait-on pas capables de récolter des pommes de terre dans un champ à l’aide de leur ancre? Les Kerhors fréquentaient beaucoup les estuaires de la rade où ils draguaient les praires, débusquaient la nuit les bancs de mulets, tendaient des filets à saumons et ramassaient les palourdes à marée basse. Mais on les voyaient aussi pêcher avec leurs petits bateaux ouverts et passer le Goulet dans les eaux dangereuses du chenal du Four et de l’Ile de Molène.

LES CHALOUPES SARDINIERES DE LA BAIE DE DOUARNENEZ

Posted on Fév 13, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

La sardine a pratiquement disparue de nos côtes, on ne connaît pas vraiment la cause. Il est très difficile d’imaginer que dans les années 1900, environ 20 000 pêcheurs en traquaient les bancs entre Douarnenez et les Sables-d’Olonne, alimentant 200 conserveries qui employaient 30 000 personnes. Pas uniquement Douarnenez, Lorient, Sauzon, l’Etel, Camaret, Morgat, Croix-de-Vie, les ports bigoudens de Saint-Guénolé à Concarneau, armaient des centaines de bateaux à la sardine. Rien que Douarnenez réunissait 900 chaloupes ! La pêche à la sardine était saisonnière puisque les bancs se déplaçaient en permanence suivant un calendrier d’une précision mystérieuse. Les bancs de sardines arrivaient d’abord sur la côte Vendéenne vers Saint-Gilles-Croix-de-Vie en juin à la Saint-Jean; on les voyait vers Quiberon en juillet, en aout en baie d’Audierne , en baie de Douarnenez en septembre le jour de la Saint-Michel disait-on. Puis mi- novembre, vers la Saint-Martin où les bancs se déplaçaient vers les eaux du large en mer d’Iroise, puis disparaissaient.

LES BAUTIERS DE BARFLEUR

Posted on Fév 07, 2013 under Bateaux Normands | No Comment

Dans la région de Barfleur, on appelle  » bau  » une palangre constituée d’une ligne principale longue de 100 mètres, portant un avançon et son hameçon tous les 5 mètres. Plusieurs baux étaient mis bout à bout, de telle sorte que c’étaient des lignes interminables qui se trouvaient mouillées sur l’ancre. Les bautiers de Barfleur traquaient ainsi le congre, le turbot, la raie, le chien de mer…au large des îles d’Aurigny et de Guernesey, ainsi que sur les côtes anglaises vers l’île de Wight. Pour fréquenter de tels parages, il fallait des bateaux non seulement bien défendus pour étaler des mers souvent formées, mais aussi rapides et manoeuvrants pour se jouer au mieux des courants de marée et pour vite ramener le poisson ( les marées les plus longues ne dépassaient pas en principe 48 heures ) Avec leur haute étrave droite, leur profonde quille au fort tirant d’eau sur l’arrière et leur fine voûte, les bautiers possédaient des carènes magnifiques. Et leur gréement élancé de cotre leur donnait toute la puissance indispensable pour affronter le raz Blanchart ou les passages du Swinge et de Portland Bill. Lancée en 1934, la Marie-Madeleine était gréée en dundee avec tapecul au tiers, ce qui lui donnait une silhouette certes élégante, mais bien moins impressionnante que celle des cotres construits au tout début du siècle. On peut en voir des photos anciennes dans les cafés des ports de la côte est du Cotentin, du côté de Barfleur et de Saint-Waast-la-Hougue.

LES COTRES DE CARANTEC

Posted on Fév 06, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Ainsi désigne-t-on les cotres qui naviguaient dans la baie de Morlaix ainsi qu’à son ouvert, entre la pointe de Primel et l’Ile de Batz. Les chantiers qui les conçurent, eux, sur les grèves du Carantec. Selon leur port d’attache, ces cotres pratiquaient des pêches différentes : casiers à Carantec, lignes au Dourduff, filets et cordes ( palangres ) à Roscoff. Ces bateaux mesuraient entre 5 et 13 mètres. Roscoff est le port où était basé le plus célèbre de tous ces cotres et peut-être de tous ces bateaux de pêche bretons : Reder Mor, le  » coureur des mers  » . En 1909, ce cordier avait battu en régate, chez elles, les grandes bisquines de Cancale, pourtant réputées très rapides. Aux grandes régates du Havre de 1913, que présida le président Poincaré lui-même, il s’était mesuré avec succès aux cotres pilotes qu’on croyait invincibles ! Or Reder Mor, avec ses 13 mètres de coque était un bateau plus petit que les bisquines et les pilotes ( 17 à 18 mètres ). Mais les cotres de la baie de Morlaix étaient des bateaux exceptionnels. Il faut les voir à l’échouage sur leurs béquilles pour comprendre : le nez presque dans la vase et la voûte très fine pointant vers le ciel, tant la forme triangulaire de leur quille est marquée. Le dessin de cette dernière rend les voiliers très évolutifs, une qualité indispensable quand on relève palangres et casiers au milieu des cailloux…et très appréciée en régate, au moment de virer de bord à la bouée. Reder Mor était aussi fort bien grée, avec une voile de flèche dont la vergue s’établissait à la verticale et un point d’écoute à balestron pour l’agrandir encore. En revanche, l’extrémité de sa bôme n’arrivait que légèrement au-delà du couronnement, alors que sur de nombreux cotres de Carantec elle débordait largement sur l’arrière.

LES SMACKS DE L’ESSEX

Posted on Fév 06, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

On les voit assez souvent dans les ports bretons, car des plaisanciers britanniques en ont transformé beaucoup en yachts, ils font en effet de très bons bateaux de haute mer : le peintre Yvon Le Corne utilisa ainsi un smack pour une longue croisière à la voile pure vers le Brésil. Dans le récit de cette croisière, on découvre un voilier rapide, avec un équilibre de route exceptionnel. Travaillant sur les bancs de l’estuaire de la Tamise, les smacks ont un tirant d’eau réduit, que l’élancement de leur gréement et la finesse de leur coque ne laissent pas soupçonner. Et quand on sait les vents forts, les mers hachées et les températures glaciales qui sont le quotidien de la mer du Nord, on peut s’étonner de ces coques si basses et de ces ponts nus qui n’offrent pas le moindre abri à l’équipage.

LES MACROTIERS DE SAINT-MALO

Posted on Fév 06, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Macrotiers, parce que le maquereau constituait la pêche principale et unique. Dans la région de Saint-Malo, le maquereau arrive en juin, après avoir hiberné dans des bancs de vase situés au sud de l’Irlande : les premiers poissons pêchés en portent encore les traces ! On en pêchera ensuite jusqu’au mois d’octobre et parfois un peu plus tard, avec la période du mois d’août où, pour des raisons mystérieuses, il devient plus rare. Durant l’hiver, certains macrotiers travaillaient au casier, au filet, à la drague. Toutefois la plupart d’entre eux étaient désarmés. En fait, Saint-Malo a toujours été surtout un port de grande pêche, armant à la morue et embarquant donc des équipages nombreux. Cependant, les retraités restaient actifs, et les macrotiers constituaient leur bateau de prédilection. C’est d’ailleurs pourquoi leur équipage se limitait souvent au seul propriétaire, qui n’avait pas de mal à mener ce bateau dont la longueur variait entre 4 et 8 mètres, tandis que son gréement à corne, divisé en petites surfaces, était doté d’un accastillage simple et assez efficace pour limiter les efforts.