Archives for janvier, 2012

UN CARNAGE CHEZ LES VIKINGS ( POEME HALLDOR POETE NORVEGIEN )

Posted on Jan 10, 2012 under Poèmes marins | No Comment

Serpent, Le choc sourd de l’épée contre le bouclier,
Et sur le pont, le chant aigu des lances
Quand les flèches, en sifflant, volaient dru
Contre les farouches guerriers du Serpent.
On dit que de frais combattants
Le Comte Eric jeta encore sur son flanc.
Ses Danois, ses Suédois, en véritables armées,
Agitaient haut les lames bleues de leurs épées.
Cerné de tous côtés par l’ennemi,
Le Serpent sous le coup fléchit.
Les boucliers vont se briser autour de la proue !
Cuirasses et poitrines sont transpercées de coups !

LE DRAKKAR NAVIRE AUX USAGES MULTIPLES

Posted on Jan 08, 2012 under drakkars | No Comment

Si tous les vaisseaux vikings avaient un air de famille, double étrave arrondie, bordage à clins en chêne, propulsion assurée par des avirons et une seule voile carrée, ils donnèrent naissance à un grand nombre de tailles et de formes pour répondre à des objectifs variés et des conditions maritimes différentes. Naturellement, à cette époque de construction artisanale, aucun navire n’était réellement identique. Cependant, vers l’an 1000, quatre grandes catégories avaient fait leur apparition.
Nous les classerons du plus grand au plus petit :
Le plus grand, fierté des rois et fleuron de la flotte viking, le navire atteignait plus de 49 m de long et 7,60 m au maître bau, armait 72 avirons. Outre sa taille impressionnante, il se caractérisait par ses bords particulièrement hauts, ce qui donnait à son équipage de 300 hommes un avantage considérable au cours des très fréquentes et sanglantes batailles navales.
Un peu plus petit, de construction basse, d’une capacité de 200 hommes, nous aurons un drakkar rapide et très maniable qui servait pour les raids et pour le cabotage ( 20 tonnes de cargaison ). Mesurant près de 31 mètres de longueur et 6 mètres de large au maître bau, sa coque comportait une cinquantaine de sabords de nage.
Plus petit encore que les bâtiments de guerre, le karve servait d’embarcation d’appoint ou de navire de plaisance aux chefs en temps de paix. Long de 21 m, large de 6,50 m et armant 16 avirons, son tirant d’eau inférieur à 1 m lui permettait de naviguer presque n’importe où.
Le petit dernier, étant le seul navire viking, utilisant d’avantage la voile que les rames, le knorr était conçu pour le commerce et l’exploration, plutôt que pour la guerre. Long de 16,50 m et large de 5,50, il pouvait porter 15 tonnes et sa quille profonde tenait plus aisément le cap en haute mer.

BEOWULF ( Le Viking au VIII ème siècle )

Posted on Jan 07, 2012 under Poèmes marins | No Comment

Le poème épique du VIII ème siècle Beowulf a rendu merveilleusement cette joie de vivre et ce besoin de réaliser à travers des actions d’éclat qu’éprouvaient les Vikings en mer. Beowulf, prince de la tribu scandinave Weder-Geatas, met à la voile pour soutenir un allié danois Hrothgar dans sa lutte contre le monstre Grendel.

Par-dessus les lames qui déferlent, la voile gonflée
Le nez écumant, tel un oiseau,
Filait le navire, jusqu’à ce qu’au jour prochain
Resplendissent les falaises, les collines élevées
Et l’étendue de la terre. Le grand large était vaincu,
Le voyage terminé, le vaisseau mouillé.
Les Weders se glissèrent dans l’eau jusqu’au rivage
Dans un cliquetis d’armes et de cottes de mailles;
Louange à Dieu dont la grâce a daigné garder
Les sentiers de la mer pendant la traversée.

Ce poème a été transcrit par un moine chrétien de Northumbrie, à une époque où les vikings, encore paiens, se montraient peu enclins à exprimer leur gratitude au dieu chrétien. Il traduit cependant l’amour de la mer et aussi la virilité et la fierté d’être passés maître dans l’art de construire ces incomparables navires de guerre et de les manoeuvrer par tous les temps.

LE NAVIRE DE GOKSTAD

Posted on Jan 02, 2012 under drakkars | No Comment

Le navire de Gokstad était plus grand que celui d’Oseberg, mesurant 23,16 mètres de longueur et 5,33 m au maître bau. Il semble que ce soit un authentique drakkar, nom dont les Normands désignaient leurs vaisseaux de guerre. Dépourvu d’ornements et protégé par un bordage plus élevé, il était en meilleur état et avait été mieux conçu pour la navigation. Sa quille imposante, longue de 25 m et taillée d’une seule pièce de chêne, était à dessein arquée à mi-longueur: au combat, le navire pouvait pivoter autour de son axe. Malgré ses 16 avirons de chaque bord, c’était un bâtiment de guerre de taille moyenne, comparé aux navires qui, d’après les sagas, en possédaient 35 par bord et mesuraient plus de 45 m de long. Cependant, le navire de Godstad pouvait se rendre n’importe où, comme le confirma brillamment en 1893 le marin Norvégien Magnus Andersen. Celui-ci fit construire une réplique fidèle du drakkar avec laquelle il franchit directement l’Atlantique de Bergen à Terre-Neuve. La traverssée, longue de 5000 km environ, dura 27 jours et le vaisseau atteignit la vitesse de 11 noeuds. Aussi pures de ligne que des amandes, ces barques découvertes à Godstad révèlent le même souci de légèreté et d’élégance que les bateaux vikings plus importants.

LES VIKINGS

Posted on Jan 01, 2012 under drakkars | No Comment

DES ENVAHISSEURS SURGIS DE LA BRUME :
 » Est-il un être, roi ou prince, sur terre ou sur mer , à posséder notre bravoure ? Personne n’ose relever notre défit, l’arme à la main. Peu importe, que nous ayons tort ou raison, rien ne nous résiste, paysan ou marchand, cavalier ou navire. »
Ainsi se vantait un chef viking, en l’an 866, tandis qu’il mettait à la voile pour courir sus à l’Angleterre avec une horde forte de près de 1000 combattants. C’était un Danois, dont l’histoire a conservé le nom : Ivar le Désossé, vraisemblablement parce qu’il était dégingandé. Et il n’était pas homme à parler en vain. A l’époque, une bonne partie de l’Europe tremblait devant ces pirates venus du Nord. Leurs premiers raids, de simples coups de main, avaient débuté 80 ans plus tôt. De puissants colosses entassés dans des barques sortaient soudain de la brume, pillaient à loisir, brisant impitoyablement toute résistance, puis s’évanouissaient sur les mers aussi brusquement qu’ils étaient arrivés. Mais Ivar avait une ambition plus haute : il projetait de conquérir l’Angleterre et de s’approprier cette terre verte et fertile. Il embarqua ses hommes d’armes sur une flotte de navires de guerre à la proue en forme de dragon et traversa en trois jours la mer du Nord. Quand il fut en vue de la côte du Kent, les habitants, terrifiés, tentèrent l’impossible pour négocier une paix.  » Le peuple de Kent leur promit de l’argent en échange de cette paix « , rapporte la chronique anglo-saxonne. » A la faveur des pourparlers, l’armée viking débarqua furtivement de nuit et mit à sac toute la région orientale du Kent, car les envahisseurs savaient bien que l’effet de surprise leur rapporterait plus d’argent qu’une paix négociée. » Ils marchèrent ensuite vers le nord pour attaquer le royaume northumbrien d’York, alors en proie à la guerre civile. Les rois ennemis décidèrent de s’unir pour repousser les Normands, mais trop tard. « De nombreux Northumbriens furent massacrés et les deux monarques périrent  » , déplore la chronique. Après avoir semé le désordre au coeur de l’Angleterre, la horde des vikings passa l’hiver à Nottingham avant de retourner en Anglia de l’Est au printemps 868. Là, Ivar et ses hommes vainquirent, puis torturèrent horriblement avant de le mettre à mort un autre prince, le très pieux et très populaire Edmont, roi chrétien de l’Anglia de l’Est, plus tard canonisé par l’Eglise catholique pour sa noble conduite en présence des paiens. La marée viking fut finalement endiguée par Ethelred, roi du Wessex et son frère Alfred, qui devint par la suite Alfred le Grand. Mais avant d’être contenus, les envahisseurs avaient conquis plus de la moitié de l’Angleterre, soumis ses habitants et partagé leurs terres. Du VIII ème au XI ème siècle, pendant  » l’épogée viking « , des conquêtes du genre de celle d’Ivar le Désossé se répétèrent très souvent. Venus de Scandinavie, les pirates de Dannemark, de Norvège et de Suède soumirent la majeure partie des Iles Britanniques. Ils pillèrent les côtes de France, s’infiltrèrent vers l’intérieur pour mettre Paris à sac et chassèrent les suzerains francs de Normandie. S’enfoncèrent vers le sud par les grands fleuves de l’Europe centrale, ils écrasèrent les Slaves de Russie, prirent Kiev et se heurtèrent aux grecs aux portes mêmes de Constantinople, capitale de l’empire Byzantin. Ces exploits procurèrent aux Wikings un énorme butin. Mais ils étaient bien supérieurs aux barbares qui allaient leur succéder, avides seulement de pillages et d’incendies. Fins et intelligents autant que braves et musclés, ils étaient bâtisseurs de cités et fondateurs d’Etats, poètes et législateurs. Passés maîtres dans le commerce, explorateurs intrépides et obstinés, ils s’aventurèrent loin sur les océans. Depuis l’âge d’or de l’empire romain, aucun peuple n’avait autant marqué le monde occidental.

Les drakkars

Posted on Jan 01, 2012 under drakkars | No Comment

Les bateaux de Gokstad et d’Oseberg au IX-X ème siècle.
La coutume des grands chefs vikings consistait à se faire enterrer avec leur meilleur navire, de manière à pouvoir continuer à naviguer dans l’au-delà. Depuis la découverte en Norvège des sépultures d’Oseberg et de Gokstad, nous savons maintenant quels étaient ces merveilleux navires que furent les drakkars. Le mot « drakkar » vient du mot viking « Dreki » qui signifie dragon, dont la tête décorée était souvent représentée sur la proue des navires, afin de les protéger des tempêtes et des vagues. Les scandinaves avaient compris dès le VIII ème siècle que défier les vagues était pénible, et qu’il fallait plutôt faire corps avec elles. Au lieu de construire des coques hautes et massives ayant beaucoup de prise au vent et à la mer, ils élaborèrent des bateaux bas et ouverts dont l’étrave effilée permettait d’ouvrir la houle à la manière d’une lame. Une coque de forme spéciale et leur technique de construction permettait à celle-ci de se déformer au lieu de souffrir dans la forte houle. Retrouvé en parfait état de conservation, le drakkar de Gokstad était propulsé à l’aide d’une voile carrée munie d’une vergue, et trente-deux rameurs, mesurant 23,16 mètres de long pour 5,33 mètres au maître bau. C’est vers l’an 800 que les vikings effectuèrent régulièrement des traversées en direction des îles Britanniques, les côtes atlantiques de l’ancien continent et même aussi celles de la Méditerranée. Ils progressèrent également sur les fleuves, en passant par la mer Baltique et jusqu’à la mer Noire. Ils atteignirent l’Islande en 874, le Groenland en 982, et le continent américain vers l’an 1000. Les vikings s’affirmèrent comme des excellents navigateurs et en avance sur leur époque. En 1893, le capitaine norvégien Magnus Andersen entrepris la construction de la réplique du navire de Gokstad, une fois fini, il effectua la traversée directe entre Bergen et Terre-Neuve et couvrit 2750 miles en vingt-sept jours, atteignant couramment la vitesse étonnante de onze nœuds, les grands voiliers de l’époque n’en faisaient pas autant. Le navire de Gokstad est exposé à Oslo et tandis qu’au Dannemark, à Roskilde , on poursuit la construction de drakkars afin de retrouver les méthodes de navigation des vikings.