Archives for juillet, 2011

Le Port ( Charles Baudelaire )

Posted on Juil 31, 2011 under Poèmes marins | No Comment

Le port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L’ampleur du ciel, l’architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l’âme le goùt du rhythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n’a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s’enrichir.

Fonds d’écran

Posted on Juil 30, 2011 under fonds d'écrans | No Comment

rivage, vent, voiles, hamac, orque,

Rivages ( Jean Follain )

Posted on Juil 29, 2011 under Poèmes marins | No Comment

On voit des figures pâles
près des maisons anciennes
un soldat d’autrefois
une femme empruntée
qui marche à ses côtés
par un jour sans visage
tout près d’eux
l’ océan se retire
laissant le coquillage strié
ébréché près du galet gris
une voilure emplie de varech
rentre avec la nuit fidèle à l’exilé
qui porte en sautoir sa jumelle marine.

Port ( Raymond Queneau ) Le Havre 1920

Posted on Juil 28, 2011 under Poèmes marins | No Comment

Le mur qui s’allonge
et le toit qui plonge
les bois tout pourris
ne sont plus ici

La grue très oblique
les porcs les barriques
bien que disparus
sont rien moins que vus

Ce bateau sans grâce
près du ciel s’efface
laissant le jour gris
s’enfuir avec lui

Port de mer ( Léon Valade )

Posted on Juil 27, 2011 under Poèmes marins | No Comment

Ceux dont un désir âpre a fouetté sans trêve
La vie,_aventuriers, conquérants ou bandits, _
Dont l’action tenta les courages hardis
Et que n’engourdit point l’oisiveté du rêve

Ceux-là, je les envie ! Ils ont, de grève en grève,
Poursuivant le mirage heureux des paradis,
Trouvé dans leurs projets chaque jour agrandis,
Sans y penser, la fin de leur carrière brève.

Et moi, que longuement ronge un regret amer,
Habitant sédentaire et vieux d’un port de mer,
Je m’en vais, regardant les vagues balancées,

Sur les quais encombrés d’un confus appareil,
Parmi les agrès noirs qui fument au soleil,
Pour aspirer l’odeur des grandes traversées.

Goelettes

Posted on Juil 27, 2011 under goelettes | No Comment

Cc sont des voiliers très élégants, bons marcheurs, biens équilibrés et qui ne nécessitent pas un grand nombre de marins à la manoeuvre. Pourtant, au contraire des grands voiliers à voiles carrées, ils ne pouvaient pas supporter une immense surface de voilure. Leur maniabilité excellente à merveille, les Goélettes se limitant à des roles de cabotage ou de pèche hauturière. Un gréement très prisé et apprécié Outre-Atlantique ainsi qu’au Canada, c’est un navire de travail au 18ème siècle pour la pêche en mer, mâts, misaine,pêche à la morue près de l’Islande, Terre- neuve. Il fut perfectionné au milieu du 19 ème siècle pour atteindre son éfficacité optimale. Ce sera la fameuse Goélette América, d’où la création par la suite de la légendaire Coupe de l’América. Le nom de Goélette viendrait de Gwellean, nom que les bretons donnent à un oiseau marin. Ce bateau n’est pourtant pas né en Bretagne, mais aux Antilles, bien connu sous le nom de Balaou. Voilier à deux mâts de voiles auriques et parfois doté d’un hunier carré au mât de misaine. Enfin les américains lui préfèrent le nom de Schooner, de l ‘Ecossais Scon(ricocher). En France, ce terme n’a jamais vraiment été adopté , préférant l’ancien nom de Goélette.

GOELETTES TOUTES VOILES DEHORS

Posted on Juil 27, 2011 under goelettes | No Comment

Au bord du quai ( Emile Verhaeren ) extraits

Posted on Juil 26, 2011 under Poèmes marins | No Comment

La mer tragique et incertaine,
Où j’ai traîné toutes mes peines !

Depuis des ans, elle m’est celle,
Par qui je vis et je respire,
Si bellement, qu’elle ensorcelle
Toute mon âme, avec son rire
Et sa colère et ses sanglots de flots ;
Dites, pourrais-je un jour,
En ce port calme, au fond d’un bourg,
Quoique dispos et clair,
Me passer d’elle ?

La mer ! la mer !

Elle est le rêve et le frisson
Dont j’ai senti vivre mon front.
Elle est l’orgueil qui fit ma tête
Ferme et haute, dans la tempête,
Ma peau, mes mains et mes cheveux
Sentent la mer
Et sa couleur est dans mes yeux ;
Et c’est le flux et le jusant
Qui sont le rythme de mon sang.

Pins, Pins, et sapins ( Raymond Queneau )

Posted on Juil 25, 2011 under Poèmes marins | No Comment

Le ciel, la mer saline et les rochers pleins d’eau
le coeur de l’anémone auprès des pins têtus
la marche auprès du ciel la marche auprès de l’eau
et la course assoiffée auprès des pins têtus

herbes mousses lichens et toutes les bestioles
le regard s’est perdu sous les sapins têtus
le regard qui s’égare après tant de bestioles
les peuples effarés sous les sapins têtus

le ciel la mer saline où sabre le soleil
tranche la tête plane aux sapins éperdus
se cabrant dans le ciel et se cabrant dans l’eau

tandis qu’une bestiole à l’ombre d’un lichen
cerne de son trajet le bois des pins têtus
sans qu’un regard disperse une route inutile

Au vieux Roscoff ( Tristan Corbière )

Posted on Juil 24, 2011 under Poèmes marins | No Comment

Trou de flibustiers, vieux nid
A corsaires !_ dans la tourmente,
Dors ton bon somme de granit
Sur tes caves que le flot hante…

Ronfle à la mer, ronfle à la brise ;
Ta corne dans la brume grise,
Ton pied marin dans les brisans…
_Dors : tu peux fermer ton oeil borgne
Ouvert sur le large, et qui lorgne
Les Anglais, depuis trois cents ans.

_Dors, vieille coque bien ancrée ;
Les margats et les cormorans
Tes grands poètes d’ouragans
Viendront chanter à la marée…

_Dors, vieille fille-à-matelots ;
Plus ne te faisaient une ceinture
Dorée, aux nuits rouges de vin,
De sang, de feu ! _ Dors…Sur ton sein
L’or ne fondra plus en friture.

_ Où sont les noms de tes amants…
_La mer et la gloire étaient folles ! _
Noms de lascars ! noms de géants !
Crachés des gueules d’espingoles…

Où battaient-ils, ces pavillons,
Echarpant ton ciel en baillons !…
_Dors au ciel de plomb sur tes dunes…
Dors : plus ne viendront ricocher
Les boulets morts, sur ton clocher
Criblé _ comme un prunier _ de prunes…

_Dors : sous les noires cheminées,
Ecoute rêver tes enfants,
Mousses de quatre-vingt-dix ans,
Epaves des belles années…
………………………………………….

Il dort ton bon canon de fer,
A plat-ventre aussi dans sa souille.
Grêlé par les lunes d’hiver…
Il dort son lourd sommeil de rouille,

_Va : ronfle au vent, vieux ronfleur,
Tiens toujours ta gueule enragée
Braquée à l’Anglais !… et chargée
De maigre jonc-marin en fleur.