Archives for Poèmes marins category

Le pêcheur ( Victor Hugo 1802-1885 )

Posted on Sep 27, 2013 under Poèmes marins | No Comment

L’homme est en mer. Depuis l’enfance matelot,
Il livre au hasard sombre une rude bataille.
Pluie ou bourrasque, il faut qu’il sorte, il faut qu’il aille,
Car les petits enfants ont faim. Il part le soir,
Quand l’eau profonde monte aux marches du musoir.
Il gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles.
La femme est au logis, cousant les vieilles toiles,
Remaillant les filets, préparant les hameçons,
Surveillant l’âtre où bout la soupe de poisson,
Puis priant Dieu sitôt que les cinq enfants dorment.
Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment,
Il s’en va dans l’abîme et s’en va dans la nuit.
Dur labeur! tout est noir, tout est froid; rien ne luit.

Tempête en mer ( Victor Hugo 1802-1885 )

Posted on Sep 27, 2013 under Poèmes marins | No Comment

Comme il pleut ce soir,
N’est-ce pas mon hôte?
Là-bas à la côte,
Le ciel est bien noir,
La mer est bien haute!
On dirait l’hiver;
Parfois on s’y trompe.
Oh! marins perdus
Au, loin dans cette ombre’
Sur la nef qui sombre
Que de bras tendus
Vers la terre sombre!
Pas d’ancre de fer
Que le flot ne rompe.
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe!

CHANSON ET POEME DE MANNICK RETIF EN 1980

Posted on Sep 26, 2013 under Poèmes marins | No Comment

Je connais des bateaux qui restent dans le port
De peur que les courants ne les entraînent trop fort
Je connais des bateaux qui rouillent dans le port
A ne jamais risquer une voile dehors.

Je connais des bateaux qui oublient de partir
Ils ont peur de la mer à force de vieillir
Et les vagues jamais ne les ont emportés
Leur voyage est fini avant de commencer.

Je connais des bateaux tellement enchaînés
Qu’ils ont désappris comment se libérer!
Je connais des bateaux qui restent à clapoter
Pour être vraiment sûr de ne pas chavirer.

Je connais des bateaux qui s’en vont à plusieurs
Affronter le grand vent au-delà de la peur
Je connais des bateaux qui s’égratignent un peu
Sur les routes de la mer où les mène leur jeu

Je connais des bateaux qui n’ont jamais fini
De partir encore chaque jour de leur vie
Et qui craignent pas parfois de s’élancer
Côte à côte en avant au risque de sombrer.

Je connais des bateaux qui reviennent au port
Lacérés de partout mais plus braves et plus forts
Je connais des bateaux débordants de soleil
Quand ils ont partagés des années de merveilles.

Je connais des bateaux qui reviennent toujours
Quand ils ont navigué jusqu’à leur dernier jour
Tout prêts à déployer leurs ailes de géants
Parce qu’ils ont un coeur à taille d’océan.

LE BATEAU DISPARU ( Amarante )

Posted on Sep 09, 2013 under Poèmes marins | No Comment

D’après le tableau de José Julio de Souza Pinto ( 1835-1899 )-Barco desaparecido ( 1890 )

Elle s’est apaisée, la gueuse rugissante.
Après le tumulte infernal,
Trois jours et quatre nuits de rage fulminante,
Sourd un clapotis machinal.

La grève est semée d’épaves enchevêtrées,
Monceaux de sinistre butin,
Voilures déchirées, carènes éventrées,
Séchant au grand air du matin.

Hagardes et prostrées, comme d’autres femmes,
Une pauvre veuve et sa bru
Observent l’horizon, scène de tous ces drames,
Cherchant le bateau disparu.

Un thonier ancestral, leur source nourricière,
Le seul et âpre gagne-pain
Où le fils fut maître à bord après que le père
Dessalât un jour de gros grain.

Près de l’ancre échouée, oeuvre du maléfice,
Une pauvre veuve et sa bru,
Des hommes de leur vie ayant fait sacrifice,
Pleurent le bateau disparu.

De Luc ( marin pêcheur )

Posted on Mai 09, 2013 under Poèmes marins | No Comment

Marins chevronnés, s’en vont pêcher
Voguent sur les mers déchaînées
Pêcher les poissons de leurs filets
Travail difficile ils sont usés

Marins sur le pont, mal rasés
Déchargent les poissons par milliers
Beaucoup ne seront pas gardés
Dans la mer ils seront rejetés

Marins aux coeurs solitaires
Cet océan est leurs univers
Ils seront mariés avec la mer
La terre, ils n’en ont que faire

Marins épuisés, reviennent sur terre
Fatigués de ce voyage de galère
Repos bien mérité, c’est clair
Pour ces pêcheurs hors pair.

UN CARNAGE CHEZ LES VIKINGS ( POEME HALLDOR POETE NORVEGIEN )

Posted on Jan 10, 2012 under Poèmes marins | No Comment

Serpent, Le choc sourd de l’épée contre le bouclier,
Et sur le pont, le chant aigu des lances
Quand les flèches, en sifflant, volaient dru
Contre les farouches guerriers du Serpent.
On dit que de frais combattants
Le Comte Eric jeta encore sur son flanc.
Ses Danois, ses Suédois, en véritables armées,
Agitaient haut les lames bleues de leurs épées.
Cerné de tous côtés par l’ennemi,
Le Serpent sous le coup fléchit.
Les boucliers vont se briser autour de la proue !
Cuirasses et poitrines sont transpercées de coups !

BEOWULF ( Le Viking au VIII ème siècle )

Posted on Jan 07, 2012 under Poèmes marins | No Comment

Le poème épique du VIII ème siècle Beowulf a rendu merveilleusement cette joie de vivre et ce besoin de réaliser à travers des actions d’éclat qu’éprouvaient les Vikings en mer. Beowulf, prince de la tribu scandinave Weder-Geatas, met à la voile pour soutenir un allié danois Hrothgar dans sa lutte contre le monstre Grendel.

Par-dessus les lames qui déferlent, la voile gonflée
Le nez écumant, tel un oiseau,
Filait le navire, jusqu’à ce qu’au jour prochain
Resplendissent les falaises, les collines élevées
Et l’étendue de la terre. Le grand large était vaincu,
Le voyage terminé, le vaisseau mouillé.
Les Weders se glissèrent dans l’eau jusqu’au rivage
Dans un cliquetis d’armes et de cottes de mailles;
Louange à Dieu dont la grâce a daigné garder
Les sentiers de la mer pendant la traversée.

Ce poème a été transcrit par un moine chrétien de Northumbrie, à une époque où les vikings, encore paiens, se montraient peu enclins à exprimer leur gratitude au dieu chrétien. Il traduit cependant l’amour de la mer et aussi la virilité et la fierté d’être passés maître dans l’art de construire ces incomparables navires de guerre et de les manoeuvrer par tous les temps.

le gardien du phare aime trop les oiseaux ( Jacques Prévert – 1900-1977 )

Posted on Nov 27, 2011 under Poèmes marins | No Comment

Des oiseaux par milliers volent vers les feux
par milliers ils tombent par milliers ils se cognent
par milliers aveuglés par milliers assommés
par milliers ils meurent.

Le gardien ne peut supporter des choses pareilles
les oiseaux il les aimen trop
alors il dit Tant pis je m’en fous !

Et il éteint tout

Au loin un cargo fait naufrage
un cargo venant des îles
un cargo chargé d’oiseaux
des milliers d’oiseaux des îles
des milliers d’oiseaux noyés.
( Histoires )

Le Port ( Charles Baudelaire )

Posted on Juil 31, 2011 under Poèmes marins | No Comment

Le port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L’ampleur du ciel, l’architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l’âme le goùt du rhythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n’a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s’enrichir.

Rivages ( Jean Follain )

Posted on Juil 29, 2011 under Poèmes marins | No Comment

On voit des figures pâles
près des maisons anciennes
un soldat d’autrefois
une femme empruntée
qui marche à ses côtés
par un jour sans visage
tout près d’eux
l’ océan se retire
laissant le coquillage strié
ébréché près du galet gris
une voilure emplie de varech
rentre avec la nuit fidèle à l’exilé
qui porte en sautoir sa jumelle marine.