Archives for Les bateaux bretons category

LES BORNEURS DE L’IROISE ET DE LA RADE DE BREST

Posted on Fév 22, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

On appelle  » mer d’Iroise  » les parages maritimes qui s’étendent entre l’archipel Ouessantin et l’île de Sein, à l’ouvert de la rade de Brest et de la baie de Douarnenez. Ce littoral est très découpé, avec de nombreux estuaires entrant profondément dans la campagne et des petites Iles qui ont été très peuplées. Il est peu de côtes où le petit transport maritime ait été et demeure aussi indispensable. C’est pourquoi les borneurs de la pointe du Finistère figurent parmi les derniers voiliers de travail lancés en France. Ainsi les gabares Andre-Yvette et Fleur de Lampaul ont été construites respectivement en 1936 et 1948, et le Dundée Notre-Dame de Rumengol en 1945. Dès l’origine, ces bateaux ont été motorisés, mais on les voyait encore voilure haute à la fin des années 1970. Entièrement restaurées, ces coques vénérables ont encore de longues années à vivre, après une riche carrière : André-Yvette a été pendant un temps transformé en yacht, Fleur de Lampaul embarque des enfants pour des croisières de découverte du milieu océanique, aux Açores où ils étudient les baleines. Pour bien comprendre ce type de bateau, il suffit d’examiner la vie de Notre-Dame de Rumengol. Son armateur était un négociant en bois de construction, qui possédait des coupes de bois en rade de Brest. Ce seront les premiers transports du Dundée. Puis il prendra le large vers l’Algérie pour assurer le transport des vins très alcoolisés qui étaient employés jusqu’aux années 1960 pour améliorer certains produits de l’Hérault et même du Bordelais. Ensuite, il transportera du sel de Noirmoutier, des choux-fleurs du Finistère nord, du naissain de moules et d’huîtres…navigation qui le mèneront sur toutes les côtes de la Bretagne et de la Manche, voire en Angleterre. Jusqu’en 1981, on le verra sillonner la rade de Brest avec des chargements de maerl ( sorte de corail dragué devant les côtes du Finistère ) et de sable, très utilisés pour amender les champs de primeurs.

LES KERHORS : LES BOHEMIENS DE LA MER

Posted on Fév 20, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Les Trois-Soeurs a été construit pour le programme de randonnée nautique Bernard Cadoret, spécialiste de l’ethnologie maritime, créateur de la revue Chasse-Marée et redécouvreur de la voile-aviron, navigue ainsi à bord d’une reproduction de canot kerhor. En rade de Brest, les Kerhors formaient jusqu’au début du siècle une population qui vivait vers Kerhor et Camfrout à bord de leur barques. D’où leur surnom de  » bohémiens des mers  » et leur mauvaise réputation. Ne les disait-on pas capables de récolter des pommes de terre dans un champ à l’aide de leur ancre? Les Kerhors fréquentaient beaucoup les estuaires de la rade où ils draguaient les praires, débusquaient la nuit les bancs de mulets, tendaient des filets à saumons et ramassaient les palourdes à marée basse. Mais on les voyaient aussi pêcher avec leurs petits bateaux ouverts et passer le Goulet dans les eaux dangereuses du chenal du Four et de l’Ile de Molène.

LES CHALOUPES SARDINIERES DE LA BAIE DE DOUARNENEZ

Posted on Fév 13, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

La sardine a pratiquement disparue de nos côtes, on ne connaît pas vraiment la cause. Il est très difficile d’imaginer que dans les années 1900, environ 20 000 pêcheurs en traquaient les bancs entre Douarnenez et les Sables-d’Olonne, alimentant 200 conserveries qui employaient 30 000 personnes. Pas uniquement Douarnenez, Lorient, Sauzon, l’Etel, Camaret, Morgat, Croix-de-Vie, les ports bigoudens de Saint-Guénolé à Concarneau, armaient des centaines de bateaux à la sardine. Rien que Douarnenez réunissait 900 chaloupes ! La pêche à la sardine était saisonnière puisque les bancs se déplaçaient en permanence suivant un calendrier d’une précision mystérieuse. Les bancs de sardines arrivaient d’abord sur la côte Vendéenne vers Saint-Gilles-Croix-de-Vie en juin à la Saint-Jean; on les voyait vers Quiberon en juillet, en aout en baie d’Audierne , en baie de Douarnenez en septembre le jour de la Saint-Michel disait-on. Puis mi- novembre, vers la Saint-Martin où les bancs se déplaçaient vers les eaux du large en mer d’Iroise, puis disparaissaient.

LES COTRES DE CARANTEC

Posted on Fév 06, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Ainsi désigne-t-on les cotres qui naviguaient dans la baie de Morlaix ainsi qu’à son ouvert, entre la pointe de Primel et l’Ile de Batz. Les chantiers qui les conçurent, eux, sur les grèves du Carantec. Selon leur port d’attache, ces cotres pratiquaient des pêches différentes : casiers à Carantec, lignes au Dourduff, filets et cordes ( palangres ) à Roscoff. Ces bateaux mesuraient entre 5 et 13 mètres. Roscoff est le port où était basé le plus célèbre de tous ces cotres et peut-être de tous ces bateaux de pêche bretons : Reder Mor, le  » coureur des mers  » . En 1909, ce cordier avait battu en régate, chez elles, les grandes bisquines de Cancale, pourtant réputées très rapides. Aux grandes régates du Havre de 1913, que présida le président Poincaré lui-même, il s’était mesuré avec succès aux cotres pilotes qu’on croyait invincibles ! Or Reder Mor, avec ses 13 mètres de coque était un bateau plus petit que les bisquines et les pilotes ( 17 à 18 mètres ). Mais les cotres de la baie de Morlaix étaient des bateaux exceptionnels. Il faut les voir à l’échouage sur leurs béquilles pour comprendre : le nez presque dans la vase et la voûte très fine pointant vers le ciel, tant la forme triangulaire de leur quille est marquée. Le dessin de cette dernière rend les voiliers très évolutifs, une qualité indispensable quand on relève palangres et casiers au milieu des cailloux…et très appréciée en régate, au moment de virer de bord à la bouée. Reder Mor était aussi fort bien grée, avec une voile de flèche dont la vergue s’établissait à la verticale et un point d’écoute à balestron pour l’agrandir encore. En revanche, l’extrémité de sa bôme n’arrivait que légèrement au-delà du couronnement, alors que sur de nombreux cotres de Carantec elle débordait largement sur l’arrière.

LES SMACKS DE L’ESSEX

Posted on Fév 06, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

On les voit assez souvent dans les ports bretons, car des plaisanciers britanniques en ont transformé beaucoup en yachts, ils font en effet de très bons bateaux de haute mer : le peintre Yvon Le Corne utilisa ainsi un smack pour une longue croisière à la voile pure vers le Brésil. Dans le récit de cette croisière, on découvre un voilier rapide, avec un équilibre de route exceptionnel. Travaillant sur les bancs de l’estuaire de la Tamise, les smacks ont un tirant d’eau réduit, que l’élancement de leur gréement et la finesse de leur coque ne laissent pas soupçonner. Et quand on sait les vents forts, les mers hachées et les températures glaciales qui sont le quotidien de la mer du Nord, on peut s’étonner de ces coques si basses et de ces ponts nus qui n’offrent pas le moindre abri à l’équipage.

LES MACROTIERS DE SAINT-MALO

Posted on Fév 06, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Macrotiers, parce que le maquereau constituait la pêche principale et unique. Dans la région de Saint-Malo, le maquereau arrive en juin, après avoir hiberné dans des bancs de vase situés au sud de l’Irlande : les premiers poissons pêchés en portent encore les traces ! On en pêchera ensuite jusqu’au mois d’octobre et parfois un peu plus tard, avec la période du mois d’août où, pour des raisons mystérieuses, il devient plus rare. Durant l’hiver, certains macrotiers travaillaient au casier, au filet, à la drague. Toutefois la plupart d’entre eux étaient désarmés. En fait, Saint-Malo a toujours été surtout un port de grande pêche, armant à la morue et embarquant donc des équipages nombreux. Cependant, les retraités restaient actifs, et les macrotiers constituaient leur bateau de prédilection. C’est d’ailleurs pourquoi leur équipage se limitait souvent au seul propriétaire, qui n’avait pas de mal à mener ce bateau dont la longueur variait entre 4 et 8 mètres, tandis que son gréement à corne, divisé en petites surfaces, était doté d’un accastillage simple et assez efficace pour limiter les efforts.

SINAGOS ET FORBANS DU MORBIHAN

Posted on Fév 05, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Il est important de préciser de suite : Si le sinago apparaît comme l’embarcation emblématique du golfe du Morbihan, il est plus précisément le bateau traditionnel utilisé par les marins de la région de Séné, à l’entrée de la rivière de Vannes. En rivière d’Auray, au port de Bono, on armait les forbans. Les premiers naviguaient uniquement dans le golfe, où ils pêchaient les huitres sauvages à la drague, et en baie de Quiberon, où ils tiraient le chalut à perche et mouillaient des filets. Les forbans du Bono pratiquaient la pêche au chalut dans les eaux lointaines de Belle-Ile, du Croisic et de l’Ile d’ Yeu. Ainsi aujourd’hui, Notre-Dame de Béquerel est un forban. Parmi les sinagos les plus connus , on note, Les trois frères, bateau ancien restauré. On peut remarquer que s’ils sont tous grées en chaloupe, leurs voiles sont plus ou moins apiquées : Jean et Jeanne et Souvenir, reproductions de modèles très anciens, portent des voiles presque rectangulaires !

CORENTIN, LOUGRE DE L’ODET

Posted on Fév 05, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Parce que les négociants quimpérois furent de grands amateurs de lougre borneurs, une association cornouaillaise a fait construire à l’identique un lougre des années 1850. Un trois-mâts breton, comme on appelait ces gréements magnifiques : foc sur un très long bout-dehors, misaine, taillevent, hunier carré et tapecul bordé sur une longue queue-de-malet. Cependant, malgré leur importante voilure, ces bateaux étaient menés par des équipages réduits, capable de manoeuvrer très vite grâce à quelques astuces de gréement. Ainsi, à l’escale, les voiles au tiers ne sont pas amenées, mais carguées, c’est-à-dire repliées contre le mât au moyen de cordages, les cargues qui les enserrent. Cela permet de rentrer ou d’établir la voilure en peu de temps. On note aussi que le bas de la misaine et du taillevent est constitué d’une bande amovible à la manière d’une bonnette : on peut ainsi effectuer une franche réduction de voilure sans grands efforts et en évitant un énorme bourrelet de toile qui prendrait les paquets de mer. S’il arrive que par mer formée le bout-dehors tend à enfourner, il est facile de le relever, sous-barbes et moustaches étant réglables par palan. Aujourd’hui, Corentin n’assure plus le transport des matériaux, mais il continue d’emmener ses équipages dans des petits ports aux accès si étroits que les caboteurs qui s’y aventuraient étaient surnommés autrefois  » les écraseurs de crabes « .

LES LOUGRES DU LEGUE

Posted on Fév 05, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Le Légué est le port de Saint-Brieux, situé tout au fond de la baie, il assèche à marée basse. Contrairement à ce que pourrait faire penser leur nom, qui désigne habituellement des caboteurs portant trois mâts, les lougres du Légué portaient un gréement de bisquine et étaient armés à la pêche. On retrouve ici le même décalage entre les appellations locales et celles des théoriciens de la science des gréements que celui observé à propos de ces côtres baptisés sloups. Le Grand Léjon est la réplique des bateaux qui effectuaient de courtes marées de chalut, ou bien draguaient le sable. En effet, cette région de culture de primeurs était très demandeuse de sable marin, destiné à amender les champs. Souvent le grand-mât était nettement plus haut que celui de misaine, il pouvait recevoir un hunier. Mais les lougres de la baie de Saint-Brieux étaient ainsi grées. Pourquoi ? Mystère…Dans le petit temps, cette voile fait certainement défaut…Il se trouve que le Grand Léjon a été construit dans le cadre du concours  » Bateaux des côtes de France « , organisé à l’occasion du grand rassemblement de Brest en 1992 et dont le but était de reconstituer des bateaux à l’identique, d’où l’absence de cette voile.