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Posted on Jan 27, 2011 under Bateaux Normands | No Comment

LA PECHE A LA COQUILLE :

Les grands sloups traînent cinq à six grages avec vent et courant favorables. Celles de l’arrière sont mouillées les premières. Puis des repères étant pris sur les cordes, on mouillait les autres en allant vers l’avant. La deuxième, donc de l’arrière et ainsi de suite. Les grages étaient amarrées au fileu, avec suffisamment de corde pour les regarnir sur le moulinet, au moment de les virer. Elles passaient dans des rouets piqués sur le pavois, comme des marionnettes, des conelles. Les grages mesurent à cette époque 1,80 mètre de large et 2,20 mètres de long entre le cul et l’œil d’amarrage à la fune. Celle-ci, en chanvre, puis en mixte comme pour le chalut, peut mesurer 60 mètres de long et deux centimètres de diamètre.
La campagne des coquilles débute le premier jour d’octobre et dure à l’époque jusqu’au 15 mai, mais souvent on désarmait à la fin avril, car dès les premières chaleurs, les coquilles s’enterrent dans le fond. Dans ces années-là, il faisait chaud plus tôt et après le 15 avril, on prenait des cailloux mais plus de coquilles. Les barques allaient souvent sur le Vergoyer, le célèbre banc devant Dieppe.
Le Maurice-Edmond avait bien failli voir sa carrière se terminer au cours d’une marée à la coquille sur les bancs de Dieppe, dans la nuit du 3 au 4 mars 1897. Le sloup de pêche de Saint-Vaast, Maurice Edmond, surpris par l’ouragan dans la nuit du 3 au 4 à vingt milles de la Hève, a été complètement désemparé sous l’effet de la tempête. Le grand -étai a cassé au ras de l’étrave entraînant la chute du grand mât, du beaupré, du pic de brigantine. A la merci des flots, dans l’impossibilité d’établir la moindre voilure, le sloup est resté à la dérive jusqu’au 5 mars à 5 heures du soir. Au moment où il se trouvait à 25 miles dans le nord de Barfleur, un vapeur anglais, l’Alacrity de Belfast, ayant aperçu les naufragés, se porta immédiatement à leur secours. Le capitaine anglais fit preuve de la plus grande humanité et se détourna de sa route, vint à la nuit mouiller le sloup en sûreté, passa dix heures près de lui, et le 6 au matin, le prenant à la remorque le ramena à Saint-Vaast. On frémit en pensant que si ce sinistre s’était produit, il y aurait eu huit victimes laissant sept veuves et trente-six orphelins. Ce sloup n’a dù son salut qu’au dévouement du capitaine de l’Alacrity qui a fait preuve dans la circonstance d’un désintéressement total. Il n’a demandé aucune indmnité de sauvetage. Les avaries du Maurice-Edmont sont considérables, en outre de sa mâture et de ses voiles totalement perdues, il a sept batayolles rompues , sa lisse et son pavois tribord démolis.

La chaloupe du Calvados

Posted on Jan 26, 2011 under Bateaux Normands | No Comment

La chaloupe du Calvados est utilisée principalement de Ouistreham à Arromanches avec le même gréement que dans le Cotentin. Armées à tous les métiers, elles sont construites à clins, jusque vers 1925. Les plus petites que l’on peut voir sur les documents d’Arromanches et Ver-sur-Mer mesurent 4,50 mètres, les plus grandes qui, à la saison, restent mouillées devant Luc-sur-Mer mesurent jusqu’à 7,50 mètres. Elles prennent leur quartier d’hiver à Courseulles. Aux deux extrémités de la baie de Seine ( Honfleur jusqu’en 1900 et Barfleur, Cherbourg jusqu’en 1870 ), on trouve des culs-ronds de cinq à huit mètres, grées avec un mât seulement et une voile au tiers bômée. Souvent, un flèche complète le gréement. A Barfleur, ils sont longtemps construits à clins.
Le même gréement à voile au tiers bômée équipe jusqu’en, et même après 1920 la grande flottille des chaloupes très fines, construites et armées à Port-en-Bessin. Celles-ci disparaissent d’uns seul coup et laissent la place au canot à bourcet du Cotentin armé avec un tape-cul entre les deux guerres. Curieusement, pendant que Port-en-Bessin reste fidèle à la voile au tiers, Grandcamp n’a que des chaloupes gréées en barque, à voile aurique, pour la pêche au maquereau. Les Grandcopais ne connaissent le tape-cul que plus tard, à la pêche au hareng qui réapparaît le long de la côte entre les deux guerres. Mais parlons de cette voile aurique qui est utilisée dès le XVIII ème siècle dans la baie de Seine. Connue au cabotage, elle est employée très tôt au chalut à Trouville, Port-en-Bessin et Grandcamp mais n’est adoptée sur les embarcations de Barfleur, Grandville, Honfleur et Villerville qu’à la fin du XIX siècle.

Le canot à bourcet

Posted on Jan 26, 2011 under Bateaux Normands | No Comment

C’est dans le Cotentin, une coque à tableau arrière gréée d’une misaine et d’un tape-cul. Ce gréement est-il une évolution de la bisquine? Il semble que la grand-voile ait existée puis qu’elle ait été enlevée. Il n’est pas impossible que pour une simple utilisation côtière avec deux hommes à bord pour des pêches de dérive, le hareng vient jusque devant Cherbourg, on ait eu l’idée d’enlever la grand-voile. Celle-ci est, de toute façon, amenée sur les lieux de pêche; n’ayant que peu de route à faire, manquant de bras, les pêcheurs ont gardé la misaine et bien entendu le tape-cul pour rester en dérive sur la tessure à harengs. La coque des canots à bourcet est semblable à celle des flambarts; intermédiaire entre la bisquine et les petits canots, elle mesure de 5 à 7,50 mètres de long.
Nous ne connaissons pas l’origine du mot « vaque lotte » qui apparaît sur les registres de l’administration vers 1860 pour désigner cette embarcation. Nous savons seulement que les pêcheurs n’emploient pas eux-mêmes ce vocable et ne connaissent que «  bourcet ». Nous avons remarqué que dans quelques cas certains classent ces bateaux sous la rubrique «  flambart » sur un registre, et « vaque lotte » sur un autre…

Le houry

Posted on Jan 23, 2011 under Bateaux Normands | No Comment

Ce nom apparaîtra quelquefois avec celui des bisquines à la pêche au hareng. Le houry semble avoir disparu des registres vers 1850. Il est construit sur les côtes du Calvados, surtout Sallenelles, Langrune. De taille importante et ponté, on le voyait souvent armé pour la pêche en Ecosse. Son gréement semblerait bien que, proche de la bisquine et ses trois mâts, il n’ait cependant pas de foc, mais une misaine amurée sur un petit bout-dehors. Ce gréement est aussi utilisé sur le chicabot.

Le chicabot

Posted on Jan 23, 2011 under Bateaux Normands | No Comment

Le nom de chicabot est inconnu sur les côtes du Calvados et du bassin. Il apparaît à Réville et aussi à Barfleur. Les chicabots n’ont pas de focs et leur misaine est donc, amurée sur un bout-dehors très court. Cette disposition nécessite d’amener la voile pour la changer de côté au virement de bord. Cette opération signifie peut-être « gambiller » Le chicabot de Réville n’a pas de tape-cul. C’est peut-être pour cette raison certains Barfleurais rappellent « que les anciennes piscines sortant à la mer sans tape-cul étaient gréées en chicabots » Ce qui indique la pratique d’une pêche autre qu’au filet dérivant ( hareng )

Le flambart

Posted on Jan 22, 2011 under Bateaux Normands | No Comment

Nous trouvons des embarcations gréées en flambart dans les Côtes-du-Nord de Bretagne( canots de Saint-Jacut) mais ce gréement est caractéristique de la Manche. Le nom semble plus précisément normand et picard, et désignent les embarcations construites à Saint-Vaast, armées à Cherbourg, à Réville, à Dives, dans le Calvados. Ces flambarts ne sont pas des embarcations pontées et mesurent jusqu’à sept mètres. Le gréement de flambart est utilisé dans la région de Honfleur, Villerville sur les plattes, chalutiers opérant dans l’estuaire de la Seine et mesurant jusqu’à treize mètres. Plus à l’ouest, différents témoignages attestent la présence plus ancienne de ce gréement sur les bateaux à fonds plats construits à Grandcamp et aussi pour les pêcheurs des différentes communes de la « Dune », Saint-Marcouf, etc…Enfin les gros canots profonds de la baie du Mont-Saint-Michel sont aussi grées en flambart. Mais quelle est la forme de ce gréement? C’est avant tout une grande voile au tiers bômée, notons que la grand-voile au tiers est un taillevent, une voile de misaine sans bôme, un foc. Quelquefois un flèche carré surmonte la grand-voile. L’évolution du flambart semble nous amener à la voilure de goélette. C’Est ce qui paraît s’être produit sur les bateaux de Jersey et de Guernesey que les pêcheurs de Port-Bail, Carteret, achetaient quelquefois. Une particularité normande, la voile aurique ou au tiers avec une bôme est toujours à bordure libre. Cette particularité disparaît sur quelques grands sloups Saint-Vaastais de la coquille et du cabotage, souvent d’origine Jersiaise.

La barque chalutière

Posted on Jan 21, 2011 under Bateaux Normands | No Comment

Le gréement de « barque » reste longtemps celui des plus gros bateaux armés à chalut à Trouville, Port-en-Bessin et Grandcamp. Longues de 17 à 18 mètres, jaugeant 30 à 40 tonneaux, elles sont connues sous le vocable de « Grande barques ». La grand-voile à ralingue libre à son emplanture fixée au bout d’une énorme bôme. Un flèche carré, souvent appelé hunier, est hissé en tête de mât, une trinquette et deux ou trois focs, dont un « ballon », complètent ce gréement puissant. Les chalutiers les plus petits, 11 à 12 mètres de Saint-Vaast, Ouistreham, les petits bautiers de Barfleur sont, selon Monsieur Pierre Leveillé, des « demi-barques », à Honfleur on les dénomme « barquettes ». C’est aussi le gréement des bateaux qui, dès 1900 et surtout après 1920, prennent la relève des bisquines de Grandville, et que, pour ajouter à la confusion, l’on appelle dans cette région « chloups » .Dès 1900, l’augmentation de la taille des chalutiers et l’arrivée du moteur nécessitent le fractionnement de la voilure. Ces bateaux deviennent plutôt des « ketchs » que des « dundees ». Après la guerre de 14-18, les voilures s’atrophient rapidement sur les constructions des chantiers de Fécamp, Blainville, Caen, Trouville, Port, Grand-camp, Cherbourg. Ces grosses barques de plus de vingt mètres sont dotées de moteurs pour lesquels le rapport-cheval -vapeur est largement calculé. Seul le tape-cul est conservé à la pêche. Quelques élégants cordiers du Cotentin et chalutiers de Saint-Vaast connaissent aussi cette division de la voilure, le tape-cul derrière l’axe du gouvernail.

La chaloupe du Calvados

Posted on Jan 21, 2011 under Bateaux Normands | No Comment

La chaloupe du Calvados est utilisée principalement de Ouistreham à Arromanches avec le même gréement que dans le Cotentin. Armées à tous les métiers, elles sont construites à clins, jusque vers 1925. Les plus petites mesurent 4,50 mètres; les plus grandes qui, à la saison, restent mouillées devant Luc-sur-Mer mesurent 7 mètres. Elles prennent leur quartier d’hiver à Courseulles. Aux deux extrémités de la baie de Seine, Honfleur jusqu’en 1900 et Barfleur, Cherbourg jusqu’en 1870, on trouve des « culs ronds » de cinq à huit mètres, grées avec un mât seulement et une voile au tiers bômée. Souvent, une flèche complète le gréement. A Barfleur, ils sont longtemps construits à clins. Le même gréement à voile au tiers bômée équipe jusqu’après 1920 la grande flottille des chaloupes très fines, construites et armées à Port-en-Bessin. Celles-ci disparaissent d’un seul coup et laissent la place au canot à bourcet du Cotentin armé avec un tape-cul entre les deux guerres. Curieusement, pendant que Port-en-Bessin reste fidèle à la voile au tiers, Grandcamp n’a que des chaloupes gréées en barque, à voile aurique, pour la pêche au maquereau. Les Grandcopais ne connaissent le tape-cul que plus tard, à la pêche au hareng qui réapparaît le long de la côte entre les deux guerres.

Les bisquines

Posted on Jan 10, 2011 under Bateaux Normands | No Comment

Le nom de Bisquine est issu de Biscaya, du Pays Basque, province maritime espagnole, qui construisait de forts voiliers de pêche. Les Bisquines sont des bateaux Bretons et normands et sont grées en Bisquines . Le maniement de ces bateaux est simple par son gréement sans perte importante de qualité des lougres antérieurs. Gréement au tiers intégral, ils comportent deux ou trois mâts, avec trois niveaux de voiles, la troisième, appelée ( Rikiki ), voile de perroquet n’étant utilisée qu’en cas de vent très faible. Un bout-dehors démesuré de plus de la moitié de la coque permettant l’établissement d’un très grand foc sur l’avant pour mieux stabiliser la marche Initialement gréés en lougres, ces coques seront par la suite conçues pour son usage. C’est un quillard avec un plan de dérive très long, ces coques étaient capables d’effectuer un échouage sur le sable, propice au fort marnage de la baie du Mont Saint-Michel. Une surface de voile très importante se rapprochant de celle des Clippers, les Bisquines seront considérées comme les voiliers les plus toilés de France. A ce jour, il existe deux sortes de Bisquines , la Cancalaise reconstruite en 1987 et la Granvillaise en 1990. Elles s’affrontent régulièrement en régates, perpétuant une tradition plus que centenaire. La Cancalaise est grée en lougre, avec trois mats et voiles au tiers. Bateau de travail, bien connu pour sa stabilité, c’est le bateau le plus voilé de France et de nombreuses régates naîtront entre les villes de Cancale et de Granville. La Cancalaise, réplique authentique de la Bisquine la Perle de 1905, dont les plans furent relevés sur l’épave en 1908 par Jean Le Bot. La Granvillaise : mêmes caractéristiques que la Cancalaise concernant son gréement, son utilisation de bateau de travail de la baie du Mont Saint-Michel. La Granvillaise est la reproduction de la Bisquine appelée »  Rose Marie » de 1897 sur les plans de Louis Julienne. Voici quelques caractéristiques de ces bateaux les plus toilés (410 mètres carrés) répartis en dix voiles. Grand-voile 104 m, misaine 61 m, tape- cul 37 m, petit hunier 30 m, grand hunier 30 m, petit rikiki 22 m, grand rikiki 32 m, grand foc 53 m, moyen foc 33 m, petit foc 25 m.