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Alain Bombard: le naufragé volontaire

Posted on Jan 30, 2011 under Bateaux de l'exploit | No Comment

Interne à l’hôpital de Boulogne-sur-Mer, le docteur Alain Bombard avait été confronté à une catastrophe maritime qui lui fut très douloureuse, et pris la décision de vouer tous ses efforts à améliorer les conditions et les moyens de survie des naufragés. Alain Bombard s’est éteint à l’hôpital de Toulon et nous le regrettons beaucoup tant il a oeuvré afin de servir les marins en difficultés extrêmes. Il est né le 27 octobre 1924, et s’est rendu célèbre 28 années plus tard. Jeune chercheur au musée océanographique de Monaco, il consacre son temps à démontrer qu’il est possible de survivre en mer, avec pour seule ressource la mer. Son constat et sa réflexion partait que le nombre de victimes en mer décèdent après n’avoir pu embarquer sur des canots de sauvetage. Dans sa théorie, la faune et la flore à la portée d’un naufragé devraient permettre de disposer des calories et de l’eau nécessaires à la survie. Le pari peut paraître insensé et pourtant, le docteur Bombard s’en va à l’aventure (et certains diront à la mort ) le 19 octobre 1952. Afin de mettre ces éléments en pratique, il se lança dans une traversée de l’Atlantique avec les alizés à bord d’un petit canot pneumatique de 4,60 mètres de long et 1,90 mètre de largeur, qu’il baptisa , non sans humour  » l’Hérétique  » Peu de marins pensaient qu’une si dérisoire embarcation supporterait une telle navigation. Personne ne voulant admettre que Monsieur Bombard serait capable d’assurer sa survie alimentaire sans toucher aux vivres de secours qu’il avait emporter à bord. Les spécialistes de la survie s’accordent d’ailleurs à penser que la présence de ces vivres accentue encore son mérite, car sans cesse confronté à la tentation de mettre un terme à son épreuve. Il quitte les Canaries et se laisse dériver vers le continent américain, sans vivres ni eau douce. Et pourtant, en cent treize jours et 6000 km plus tard, d’abord en Méditerranée puis à travers l’Atlantique, parti de Monaco, son périple s’achève à la barbade. Bombard racontera ses péripéties dans le livre  » les naufragés volontaires », paru en 1958. Il dira comment il a survécu grace à l’eau de mer, la pêche, le plancton riche en vitamines c, et surtout il avouera bien plus tard, que c’est grace au moral, à la foi, et en l’obstination de l’homme. Il consacrera sa vie à améliorer les techniques de survie en mer et donnera son nom aux fameux canots de sauvetage. Et l’on notera que, le terme bombard est souvent employé pour désigner un canot de sauvetage autogonflable.

Une baleinière dans l’Antartique  » James Caird 1916  »

Posted on Jan 01, 2011 under Bateaux de l'exploit | No Comment

Ernest Shackleton ( 1874-1922 ), réussit à sauver et à ramener son équipage d’une incroyable épopée vers le pôle Sud. C’est en aoùt 1914, qu’il entreprit une expédition d’exploration en Antartique. Malheureusement, son trois-mâts, l ‘Espérance, se trouva immobilisé dans les glaces de la mer de Weddel et finit par être disloqué. Il fallait survivre dans ces conditions extrèmes, et l’équipage abandonna le navire, et en remorquant les trois embarcations du bord, ils marchèrent sur la banquise jusqu’à la mer libre. Ils atteingnèrent une île déserte de la péninsule de l’Antartique, l’ île de l’éléphant, après des efforts surhumains pour leur survie. Pour rejoindre la Géorgie du Sud, et obtenir des secours car sur cette île était installée une base de baleiniers, mais située à 1480 kilomètres. L’embarcation choisie fut la baleinière « James Caird « , une coque étroite et longue de 7 mètres, équipée de deux mâts et protégée d’un entoilage. C’est au court de l’hiver 1916, que six hommes prirent place dans cette embarcation, avec le pari suivant, ne pas faire naufrage dans ces mers peu acceuillantes, où la houle sévit en permanence balayée par des vents de tempête constants. Mais surtout, mener une navigation précise afin de ne pas manquer le but. La sanction, si l’on ratait la Géorgie du Sud, dans cette mer glaciale, était la mort car la plus proche terre serait l’Afrique. La baleinière James Caird appareilla le 24 avril 1916, évita le chavirage à plusieures reprises, et faillit manquer l ‘île au dernier moment du fait des courants de marée, mais toucha terre le 10 mai. Pendant dix-sept jours de combat en mer , c’était l’exploit de tous les instants. Pour le barreur qui devait négocier chaque vague sans perdre son cap, pour l’officier chargé de la navigation, dont la pire difficulté fut d’interpréter des colonnes de chiffres dans ses éphémérides aux pages collées entre-elles par l’humidité. Dans la lecture précise de ces documents et les observations au sextant dépendait la vie de tous à bord. Et de cette longue expédition, de cette formidable randonnée sur la banquise, Sir Shackleton ramena tous ses hommes!