CORENTIN, LOUGRE DE L’ODET

Posted on Fév 05, 2013 under Les bateaux bretons | No Comment

Parce que les négociants quimpérois furent de grands amateurs de lougre borneurs, une association cornouaillaise a fait construire à l’identique un lougre des années 1850. Un trois-mâts breton, comme on appelait ces gréements magnifiques : foc sur un très long bout-dehors, misaine, taillevent, hunier carré et tapecul bordé sur une longue queue-de-malet. Cependant, malgré leur importante voilure, ces bateaux étaient menés par des équipages réduits, capable de manoeuvrer très vite grâce à quelques astuces de gréement. Ainsi, à l’escale, les voiles au tiers ne sont pas amenées, mais carguées, c’est-à-dire repliées contre le mât au moyen de cordages, les cargues qui les enserrent. Cela permet de rentrer ou d’établir la voilure en peu de temps. On note aussi que le bas de la misaine et du taillevent est constitué d’une bande amovible à la manière d’une bonnette : on peut ainsi effectuer une franche réduction de voilure sans grands efforts et en évitant un énorme bourrelet de toile qui prendrait les paquets de mer. S’il arrive que par mer formée le bout-dehors tend à enfourner, il est facile de le relever, sous-barbes et moustaches étant réglables par palan. Aujourd’hui, Corentin n’assure plus le transport des matériaux, mais il continue d’emmener ses équipages dans des petits ports aux accès si étroits que les caboteurs qui s’y aventuraient étaient surnommés autrefois  » les écraseurs de crabes « .

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