Les barques fantômes de l’Ile de Sein

Posted on Nov 30, 0201 under Mysrères et légendes | No Comment

Dans Ïles bretonnes, Anatole Le Braz, l’auteur de « la légende de la mort chez les bretons d’Armorique », rapporte ce qu’on lui a raconté sur l’Ïle de Sein à propos du bag-noz ( bateau de la nuit ) ainsi que du bag-sorcerez ( bateau des sorcières ). Le bag-noz correspondait à la carrigel-an-ankou ( la charette de la mort ) qui, la nuit, passait de village en village pour faire le plein des damnés. En mer , et au péril de la mer, il arrive qu’au crépuscule, l’équipage d’un navire voit surgir dans la pénombre, la silhouette indécise d’un vaisseau mystérieux, toutes voiles dehors et pavillon noir en berne, dont nul ne peut dire de quelle direction il vient ni vers où il se dirige. Au moment où vous le regardez, il s’évanouit brusquement pour réapparaître aussitôt dans un autre azimut. Si vous essayez de l’accoster, il disparaît avant que vous ne l’avez rejoint. On aperçoit à son bord une foule nombreuse de pauvres marins en détresse qui hurlent et appellent au secours. Mais quand on l’approche, la vision s’efface et vous ne distinguer plus que l’homme à la barre, seul à son poste, que chacun pouvait reconnaître: c’était le premier défunt de l’année!. La rencontre de ce vaisseau-fantôme ou bag-noz, est un funeste présage: elle annonce un coup de tabac et, peut-être votre naufrage. Ne pas confondre avec le bag-sorcerez, car sur cette île de Sein où vivaient des sorcières qui utilisaient les grands paniers servant à récolter le goémon pour se rendre à des sabbats qui se tenaient au creux de la houle du large. Le bag-sorcerez était donc l’équivalent du balai des sorcières terrestres. Or, dans la pays du cap (pointe du Raz ), une autre information circule. Il paraît qu’à l’époque où beaucoup de pêcheurs avaient leur canot au mouillage dans un des nombreux abris ménagés par la falaise, on en compte une bonne douzaine entre Douarnenez et Audierne, certaines nuits, des coups violents étaient frappés contre les volets fermés d’une maisonnette. Réveillé en sursaut, le pêcheur sortait en hâte. Or, dehors, il n’y avait personne. Mais une force irrésistible le poussait à courir vers la baie des Trépassés. Là, une barque attendait qu’ilse mette à la barre pour lui faire franchir les rouleaux et mettre le cap au large. Cette barque était le bag-noz, le canot chargé de conduire les âmes des défunts vers l’au-delâ. Le lendemain, notre homme reprenait le cours normal de ses occupations, incapable de se souvenir de ce qui était survenu après les coups sourds contre ses volets. Comme après une nuit d’ivresse…Etonnant? Mais juste au nord de la pointe du Raz se trouve la baie des Trépassés, ce nom ayant deux origines possible: le fait que, par le jeu des courants de marée, les cadavres de nombre de périls en mer y échouent. Tandis que l’on croit savoir qu’à l’époque gauloise, l’Ïle de Sein était une terre sacrée qui servait de sépulture aux druides. Et c’est sur cette plage que l’on mettait à l’eau la barque funèbre.

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